Les vagues de la vie

Les vagues de la vie

Je vous propose un poème sur mon ressenti face aux hauts et bas de la vie.

Souvent j’ai la sensation d’être dans une petite embarcation sur une mer déchainé
Suis ballotté en tous sens, sans pouvoir réellement choisir le cap
Les éléments naturels en rages me désorientent
M’obligeant à chaque fois à changer de destination
Puis il y a les vagues, tel des murs d’eau voulant me submerger
Je les monte, en espérant voir l’horizon ensoleillé
Plein de projets me viennent en tête, même de trop
Des rêves irréalisables, démunis de sens
J’arrive à leur sommet, tel un roi
Mais il n’y a pas d’horizon
Juste une longue descente rapide
Oublié les projets et les rêves
Me plongeant dans un long désespoir
Finalement le creux de la vague me propose une accalmie
Avant d’en monter une nouvelle

Les départs

Les départs

Je vous propose un poème sur mon ressenti face aux différents départs de ma compagne après sa rupture d’ anévrisme.

 

Après une nuit terrible, je te vois partir sous les lumières bleues

Les derniers paroles de ton ancien toi firent “ne t’en fait pas, on se voit à l’hôpital”

C’était la dernière fois que je te voyait tel que je t’ai connu

Mais je ne le savais pas encore

Ce départ marqua un tournant définitif dans notre vie

Moins d’autonomie, moins de rêves et de projets

Puis je me demande à quel moment que tu as changé durant ton long sommeil

Et qu’est-ce que tu ressens dans ce noir?

***

Un an après, chaque jour, je te vois partir pour la maison d’accueil spécialisée

Tu es heureuse, mais ta faiblesse me fait toujours mal

Je t’ai connu si forte

Maintenant tu t’assoie à l’arrière de ton transport, tel un enfant

Je suis surpris de voir qu’une personne peut totalement changer à cause d’un accident de la vie

Si un être supérieur existe, pour quelle raison nous a-t-il fait cela?

Pour nous punir?

Nos projets de faire un bébé, des voyages et d’autres rêves se sont envolés

Faisant place à une autre vie

Une autre elle

Une autre elle

Je vous propose un poème sur mon ressenti face à la rupture d’anévrisme de ma femme.

 

Si différente, pourtant c’est la même femme

Une personne extravagante, avec des faiblesses

Mais son amour à mon égard, et sa forte personnalité sont toujours présents

Chose très perturbant, au vu de la mince frontière entre les mondes du handicap et du valide

Comment dois-je me comporter pour ne pas l’infantiliser?

Je veux la protéger, tout en continuant à la considérer comme une adulte

Cette situation est parfois difficile, car certaines personnes me considère comme un enfant

Puis sa rupture d’anévrisme a tué une femme, une future mère, et des rêves

Une vie modifiée, adaptée, mais pas brisée

Notre amour a recollé les morceaux

Et nous a rendu complémentaires dans notre handicap

Montagnes russes de la vie

Montagnes russes de la vie

Je monte lentement vers le bonheur, à tes côtés

Découvrant l’amour, la sensualité et la sexualité

Nous, qui devient un joli mot, prévoyons des projets impensables auparavant, à cause de mon handicap

Enfants, voyages et peut être un mariage

Nous avançons vers le soleil, main dans la main

 Soudain, sans prévenir, nous entamons une violente descende nommée la « rupture d’un anévrisme »

Tout va si vite, beaucoup trop vite

La mort nous frôle de très près, en mettant une immense incertitude dans notre vie

Notre futur est anéanti, et il est remplacé par un vide

Durant ton sommeil, je me pose mille et une questions : comment seras-tu à ton réveil ? Pourrons-nous vivre comme précédemment ? Quand réveilleras-tu ? Nos projets sont-ils partis en fumé ?

Puis la descende ralentit, à ton réveil

Je te découvre, avec ton handicap et ta nouvelle personnalité

Des petites montées et décentes rime notre quotidien, en fonction de tes progrès

Pour ensuite reprendre une vie différente

Une insouciance perdue

Une insouciance perdue
Assis face à un adolescent dans un train
Nous partons tous deux rejoindre nos fiancées respectives
Il a vécu de moitié moins de moi
La gaieté et l’insouciance accompagnent chacun de ses mots
Il rit à la vie, tout comme moi à son âge
Époque où j’étais un simple collégien sans soucis
Respirant chaque moment à pleins poumons
Que cette période de joie me semble lointaine, à présent
Certes, ce bonheur était qu’illusoire, mais existant
Maintenant, seul mon amour me maintient en vie

 

L’insouciance m’a quitté un jour de septembre
Ainsi que ma joie de vivre
J’avance sur les chemins péniblement
Tel un poisson hors de l’eau
Tout le long du trajet, mon jeune compagnon rit
Je l’accompagne faussement
Sûrement pour essayer de retrouver l’ivresse de ma jeunesse

 

Nous parlons de nos fiancées
La validité de la sienne me fait penser que son couple ne dura pas longtemps
Les valides s’embarrassent rarement d’une personne handicapée
Un peu comme nous avec un animal
Ton insouciance risque également d’être abîmée par dame vie, mon ami temporaire

 

Le train s’arrête et nos routes se séparent
La mienne dans l’ombre, et la sienne parmi la lumière

À mon pépé

À mon pépé

Hommage au grand père de ma fiancée.

Pépé, toi qui me caressais par ton tendre regard bleu
Toi qui m’appelais chaleureusement « ma fille » en me donnant l’impression de me protéger du monde extérieur
Toi qui possédais un sourire débordant d’une naturelle gentillesse, pouvant faire sécher n’importe quelles larmes
Toi dont une grande dame nommée vie ne t’a pas toujours épargné
À présent, tu pars rejoindre mamie pour une vie éternelle
Tellement de choses à vous raconter, tellement de souvenirs à vous remémorer
Embrasse-la fortement pour moi en lui témoignant mon amour envers elle D’en haut, vous me protégerez et veillerez sur moi, chaque jour
Sache que ton image demeura toujours à mes côtés, au travers de mes souvenirs accompagnés par mon amour t’étant destiné
Au revoir pépé, tu vas me laisser un vide, mais mon amour à ton égard ne cessera jamais de rayonner

Route vers le début

Route vers le début
Ma vieille voiture trottine paisiblement sur une route déserte
Chaque côté, seuls quelques reliefs cache l’horizon d’un soleil sommeillant
Le soulagement, mes rêves et le bonheur m’accompagnent en ce drôle voyage
Où vais-je ?
Seul le futur possède ce savoir qui se situe à l’opposé de mes pensées
Regard le paysage disparaître dernière moi comme mon passé noir
Mon esprit c’est gangréné par mon ancienne vie rendue superficielle par des volontaires croyant bien faire
Fuir la tempête qui m’a rendu fou de violence et de rage
Fuir cette petite mort gagnante du jour en jour
Fuir pour vivre simplement
Rejoindre le vide, puis tout bâtir de mes mains
La boule orange enflammée me montre la direction de ma nouvelle vie sans les contraintes du moule qui nous fait être de pauvres moutons
À moi le Nouveau Monde