Les trois jours sombres

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Je met en ligne le début de l’un de mes deux nouveaux romans, car je ne pense plus avoir le temps d’écrire à cause de mon travail. Si vous voulez continuer l’histoire et/ou en faire une BD, contactez moi à cette adresse « yohan.guerrier@gmail.com ». Je vous enverrai le plan que j’ai pensé pour la suite de l’histoire.

 

Chapitre 1

Un lundi

Julie Poiret revenait d’une très agréable petite soirée entre amies dans un restaurant italien au cœur de Semur-en-Auxois pour fêter un grand événement. En effet, elle venait d’obtenir son diplôme d’infirmière après trois années d’étude à Auxerre. De plus, ce matin, la jeune fille avait eu une réponse positive pour un travail au sein de l’hôpital de Semur-en-Auxois. Son bonheur était à son comble, ainsi que celui que sa mère. Cette dame ressentait une immense joie de pouvoir garder sa dernière fille auprès d’elle, tout comme ses deux autres enfants. Natacha, la créatrice de Pauline, se voulait être une mère poule. Elle était aux petits soins pour elles. Cette maman préparait, tous les dimanches soir, des petits plats pour ses trois puces.
Lorsque Julie lui avait fait part de son envie de partir étudier à la faculté d’Auxerre, Natacha avait essayé de la dissuader en lui faisant peur avec des faits divers sordides (les mères sont prêtes à tout afin de garder leur fille près d’eux). Malheureusement pour la maman, la jeune femme était déterminée à quitter le foyer familial devenu trop étouffant. Elle voulait profiter de sa jeunesse, tout en étudiant.
Trois semaines après cette annonce, Natacha se fit une raison au départ de sa fille, espérant qu’elle revient à la suite de l’obtention de son diplôme.

Depuis deux ans, madame Poiret était devenue grande mère d’une jolie petite métisse aux yeux verts prénommée Louna. Quatre années plus tôt, sa plus vieille de ses filles avait épousé un footballeur professionnel originaire de l’île Martinique. Il se nommait Hiro et jouait pour le club de Dijon.
Natacha était évidemment une mamie attentionnée. Tous les samedis après-midi, elle prenait sa petite à sa maison soit pour la promener, soit pour lui apprendre de nouvelles choses. La jeune mémé adorait couvrir de cadeaux le bébé. Sa chambre se remplissait de peluches.
De son côté, le grand-père, Pierre, était un peu effacé face à la forte personnalité de sa femme. Elle parlait énormément par apport à lui. Durant les réunions familiales, elle réalisait souvent de longs monologues, pendant lesquels Pierre disait quelques conneries, espérant que les invités ne l’oublient pas.

1

Julie possédait un visage rieur. Ses cheveux blond foncé lui descendaient jusqu’en dessous des épaules. Ils ondulaient légèrement. Elle les coiffait en formant une raie sur le côté gauche. Cela formait une frange qui cachait toute la partie droite de son front terminé par deux sourcils bruns soigneusement épilés. Ses yeux marron foncé jetaient un regard naïf sur le monde. Du haut de ses vingt-trois ans, elle voyait encore son environnement comme une immense zone de jeux. Évidemment, elle possédait le sens des responsabilités. Cependant, elle mettait un filtre coloré sur chaque chose l’entourant. Ce fait lui permettrait de supporter les difficultés de son futur métier.
Son nez se voulait court et agréable à regarder. Il dominait une bouche pulpeuse. Elle donnait envie d’être embrassé. De plus, ses lèvres réalisaient souvent des « culs de poule » soit pour exprimer sa subissons, soit sa fausse colère devant sa filleule. Son visage était sculpté par un léger surplus de friandises. Elle se maquillait légèrement avec un peu de bleu sur les yeux et du rouge à lèvres rose sorbet. Ces artifices superficiels, ajoutés aux bottes à petites talonnettes, lui permettaient de paraitre plus femme, et par conséquent d’être pris plus au sérieux dans son travail. Elle portait un long imperméable crème qui lui cachait la totalité de son corps. Ce vêtement la protégeait de la pluie.

L’automne venait de montrer son nez. Les feuilles rougissaient ou jaunissaient, puis tombaient délicatement sur les flaques d’eau. L’été se retirait emportant les dernières pensées nostalgiques, et dont leur sujet était les rêveries des vacances passées.

Julie se dirigeait vers l’ancien hôpital de la ville. Elle voulait, avant de commencer à travailler, voir le lieu où sa grande mère avait travaillé durant trente ans. Cet acte était comme un retour aux sources. Elle espérait pouvoir puiser de l’énergie du passé pour sa première journée de travail qui était pas plus tard que demain. Elle ressentait une appréhension devant l’inconnu. Certes, Julie venait effectuer deux stages à l’hôpital de Dijon où elle avait acquis énormément d’expérience (surtout, la fois durant laquelle elle aida une jeune sache femme à accoucher une maman dont le cordon ombilical entourait le cou du bébé. Sa collègue paniqua totalement et la laissa seule avec la mère apeurée. Julie, de sang-froid, prit une paire de ciseaux. Ensuite coupa le bout de boyau qui entourait le minuscule cou supportant une petite tête au visage tout bleu. Puis elle tira le bébé par le crâne, en arrachant au passage le vagin. Finalement, Julie mit la fameuse claque sur le cul du garçon pour ouvrir ses poumons à l’air. Quelques secondes plus tard, une infirmière beaucoup plus expérimentée entra dans la salle de travail, suivies par la fautive en pleure. Elle recousit la jeune maman et félicita Julie qui obtint évidemment une très bonne note), mais le vrai monde du travail se voulait être impitoyable.

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La demoiselle serpentait des étroites ruelles recouvertes de pavés, dans lesquelles le vent s’engouffrait et faisait danser la pluie à la lueur des lampadaires. Ils diffusaient une lumière fatiguée orangée. Tous ces éléments créaient une atmosphère lugubre.
De plus, les demeures renvoyaient le passé au travers de leur visuelle. On ressentait encore les horreurs commises dans cette ville durant le Moyen Âge.

Elle arriva devant l’hôpital. Des larmes de fierté se mirent à couler sur ses joues trempées par la pluie qui avait redoublé d’intensité, tout comme le vent. Elle fissionnait de froid, mais également de bonheur. Demain, la jeune femme allait guérir des personnes souffrantes, sauver des vies, et s’occuper d’enfants. Cependant, Julie avait conscience qu’elle allait affronter la mort. Sa grande mère lui disait souvent que la mort faisait partie du métier, mais les infirmières devaient se concentrer uniquement sur les bons moments, comme une naissance, pour effacer la noirceur du job. Elle ajoutait cela : « le temps passant nous permet de nous fabriquer une carapace qui pourra être uniquement fissurée par le décès d’un enfant ».
Julie avait finalement choisi le service gériatrique comme spécialité. Certes, on tutoyait la mort presque toutes les semaines, mais dans ce cas, c’était la logique de la vie.

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Jacqueline, la grande mère de Julie, avait transmis l’amour du métier à sa petite fille au travers de ses nombreuses histoires narrées lorsque la gamine venait passer des journées d’hiver chez elle. La petite s’asseyait sur un petit tabouret devant la fenêtre de la cuisine, pendant que la vieille dame préparait le repas du midi et racontait ses anciennes aventures à l’hôpital. Julie l’écoutait passionnément avec ses deux minuscules mains posées sur ses genoux.

Natacha n’avait jamais pris pour passion l’univers de l’hôpital. Puis, elle se savait très émotive, donc ce métier ne lui conviendrait pas. Une émotion un peu trop forte la faisait pleurer immédiatement. Le sang de sa mère ne coulait pas dans ses veines. Une fois, elle fit une crise d’éthérisme à son mari simplement parce qu’un garagiste montait leur voiture en panne sur son camion. Elle avait peur que son véhicule tombe sur le côté. Régulièrement, ses filles se moquaient gentiment d’elle à cause de cela.

Julie était également pompière volontaire depuis deux ans. Elle avait décidé de suivre les traces de son père. Tous les weekends, la jeune fille effectuait des gardes pour intervenir sur les éventuels accidents de la route ou les incendie. À ce jour, on l’avait appelée uniquement sur des feux de paille. Ils avaient tous été déclenchés par des adolescents en proie à l’ennui. Julie redoutait de devoir secourir des enfants victimes d’un accident de voiture. Évidemment, elle serait intervenue, mais cela l’aurait laissé une cicatrice à vie. Le décès d’un petit être est la chose la plus horrible qui soit, pensait-elle.

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Les larmes de la demoiselle redoublèrent à la remémoration du passé, et plus précisément à la fierté de sa grande mère qu’elle aurait eue pour elle.

Son bonheur aurait été au complet, si elle s’était trouvée en couple avec un jeune homme merveilleux. La majorité de ses amies l’étaient. Ces filles semblaient l’air très heureuses quand elles se promenaient en compagnie de leur petit ami.

Il y a six mois, Julie avait rencontré un homme mature. Il avait trente-cinq ans et se nommait Georges. L’homme travaillait comme directeur d’école primaire. Ces deux individus se connurent dans une boîte de nuit à Dijon. Julie fut agréablement surprise par les mots de l’homme. Il ne voulait pas l’emmener chez lui pour lui faire l’amour, comme la totalité des jeunes mâles de la discothèque. Il lui racontait son travail, tout en s’intéressant à elle. Vers trois heures du matin, ils s’échangèrent leur numéro de portable.

Durant les semaines suivantes, Georges l’appelait régulièrement pour faire plus ample connaissance sans jamais laisser paraitre ses sentiments. Puis, un jour ensoleillé, le donjuan l’invita à boire un verre sur une terrasse de café. Julie accepta avec plaisir. Elle s’habilla d’une robe blanche à petites fleurs bleues qui lui arrivait au niveau de ses genoux. Elle laissait imaginer, au travers d’un léger décolleté, une poitrine bien ferme libre de tout mouvement. Elle s’était chaussée avec une paire de sandalettes comportant une marguerite sur la lanière de cuir qui passait entre son gros orteil et son voisin. Chaque oncle se couvrait d’un verni rose pâle. Pour la première fois, Julie se maquilla un peu plus fortement, espérant ainsi sembler plus vieille.
Le rendez-vous se déroula sur une terrasse de café située sur une place comportant une église en son centre. Les deux amis échangèrent des banalités devant un coca (pour la jeune femme) et une bière blonde. Une demi-heure après leur arrivée, Georges proposa à Julie de visiter sa maison située à cinq minutes de là. Elle accepta, tout en sachant ce qu’il allait sûrement se passer.
Une fois chez lui, elle s’assit sur le canapé avec une petite boule au vendre. Ses jambes étaient fortement serrées et ses mains ne cessaient de bougeaient sans sa volonté. Ses yeux éprouvaient de grandes difficultés à fixer un point.
L’homme se plaça à ses côtés. Il lui avoua ses sentiments sans détour et avec une légère timidité qui se matérialisait par un rougissement au niveau du visage. Elle eut la sensation d’être face à un petit garçon. Sans aucun mot, elle déposa un doux baissé sur la bouche masculine, tout en prenant la tête dans ses mains très féminines. Toujours en silence, le nouveau couple se dirigea vers la chambre, sans décoller leurs lèvres. S’allongea sur le lit et fit l’amour durant vingt minutes.
Julie avait déjà eu des rapports sexuels avec un homme, en occurrence son ancien petit ami. L’expérience fut horrible. Chaque fois, elle eut la sensation d’être un objet sexuel, comme une poupée gonflable. La jeune femme se fit secouer en tous sens, à tel point qu’elle ressentît un petit mal de mer.
Cette fois, la magie était au rendez-vous. Georges s’occupait du plaisir féminin avant tout. Il employait une grande douceur pour lui donner un maximum de plaisir, et cela fonctionna tellement bien, qu’elle eût son premier orgasme.

Trois mois de bonheur plus tard, Georges finit par lui avouait le poteau rose : il était marié et possédait trois enfants. Julie le quitta immédiatement. L’homme n’essaya pas de la reconquérir. Il retourna à sa petite vie familiale. De son côté, la demoiselle fit une petite dépression en cachette avant de reprendre une vie normale.

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Julie se trouvait dans un des plus beaux lieux de Semur-en-Auxois, c’est-à-dire sur une petite place toute en longueur située au-dessus des remparts qui faisaient le tour de la vieille ville. En son centre, une ligne d’arbres venait d’être plantée par des enfants de l’école maternelle. Derrière ces pousses, on pouvait voir un muré mesurant environ un mètre cinquante. Il empêchait les promeneurs de faire un grand plongeon. Ces remparts dominaient une cinquante d’habitations mêlant le moderne et le très ancien. Elles ne respectaient pas une organisons stricte. Parmi eux, une verdure d’automne se faisait éclairer par des projecteurs à lumière jaune. Sur l’extrême droite, une rivière coulait paisiblement sous trois ponts en pierre. Une forte pluie arrosait ce paysage. Un violent vent balançait les gouttes.
Devant Julie, qui se situait au fond de cette place, l’ancien hôpital se dressait derrière une haute barrière verte terminée par de longues pointes. Le bâtiment formait un « U » en encadrant une cour intérieure.

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À l’origine, ces murs renfermaient des personnes ayant des troubles mentaux. Elles étaient attachées au mur dans des chambres qui puaient la mort. Les résidents possédaient comme compagnons des rats. Ces animaux mangeaient les chairs pourrîtes par la gangrène.
Ensuite, l’asile de fou fit transformer en hôpital classique. Durant la Seconde Guerre, il fut utilisé pour soigner les nombreux blessés en prévenances des champs de bataille situés autour de la ville. Les bâtiments se protégeaient avec des batteries antiaériennes. À l’intérieur, les murs bleu claire et le calage blanc étaient très souvent tachés avec du sang venant des plaies faites par des éclats d’obus, ou des membres déchiquetés par des mitrailleuses lourdes. La souffrance résonnait dans chaque chambre.
Quelques années après la guerre, un nouvel hôpital fut construit et l’ancien abandonné au passé.
De nos jours, le bâtiment servait uniquement à faire peur aux jeunes de la ville qui le voyaient comme un lieu hanté à cause de son passé rempli de souffrance et de morts. Durant la nuit d’Halloween, la tradition voulait que les adolescents pénètrent ces locaux à la recherche d’éventuelles traces d’activités paranormales. Chaque fois c’était la même chose : les visiteurs croyaient voir des fantômes de soldats mutilés. Cependant, la peur leur jouait un mauvais tour tout simplement.
Julie ne ressentit jamais l’envie d’aller visiter les chambres en ruines reliées par des couloirs illuminés par uniquement la lune. Elle préférait de loin rester chez elle pour faire une soirée pyjama entre amies devant les films d’horreur les plus connus.

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La demoiselle était plongée dans ses pensées nostalgiques, quand soudain, une lourde main se posa sur son épaule. Elle poussa un léger cri, tout en sursautant. Julie tourna rapidement la tête afin de voir la personne qui se trouvait derrière elle. Un homme habillé élégamment avec un fin manteau en cuir noir et jeans délavé souriait parmi la nuit. Cet habillement moderne se terminé par des converses en toile bleue (pas idéal pour la saison). Il portait une barbe blanche de quelques jours. Son crâne était totalement chauve et possédait trois tâches de vieillesse parfaitement alignées comme la crête d’un punk. En effet, cet individu devait avoir environ soixante-cinq ans. Ceci se voyait surtout au niveau des rides d’expression, et du dentier beaucoup trop grand pour sa bouche. Il lui faisait un sourire grotesque, voir un peu effrayant.
Julie fut très surprise, presque choquée, face au contraste entre l’âge de cette personne et sa tenue vestimentaire. Elle pensa tout de suite aux mères qu’on voyait de temps à autre passer dans des émissions débiles, et qui voulaient obligatoirement ressembler à leur fille, ou plutôt paraitre aussi jeunes qu’elle. Évidemment, dans cette situation, c’était le père qui se prenait pour un adolescent. Une deuxième chose interpella la jeune femme. Deux yeux bleus la regardaient joyeusement, malgré ses larmes qui continuaient à couler à flots.
« Bonsoir miss, tu as raison de pleurer, la tristesse est le plus beau des sentiments. C’est le vrai également. On est toujours triste pour une bonne raison, contrairement au bonheur qui a une origine superficielle. Les personnes aiment la joie par facilité, voir par complaisance. J’ai toujours été malheureux. Assez parlé de moi. Comment tu t’appelles miss ? »
Julie faillit passer des larmes au rire instantanément. Ce drôle de papi se prenait vraiment pour un jeune. Il ne se contentait pas de s’habillait comme un poste pubère, il également parlait tel un adolescent poli en pleine séance de gringue. Ce personnage était très original. Il ne paraissait pas saoul ni être un clochard.
Julie lui répondit sans aucune crainte (non pas comme la majorité des personnes devant à cette situation) :
« Julie. Je ne suis pas de tout triste, au contraire je suis très heureuse, car demain je commence le travail de mes rêves, infirmière »
« Non ! Le bonheur c’est mal. Regard, tu es joyeuse pour ton nouveau travail, mais tu peux le perdre facilement, et dans ce cas tu seras triste, donc dans le vrai. Soit avec moi parmi le real immédiatement. Soyons un couple malheureux d’amour »
Tout en prononçant ces mots, l’homme prit la main de Julie. La demoiselle répondit d’abord par un sourire, puis par ces mots :
« Merci, mais je suis trop jeune pour vous. À présent, je dois partir, demain je commence tôt et je ne veux pas faire une erreur dès mon premier jour. Bonne nuit monsieur »
« Donc tu veux absolument être heureuse »
« Évidemment monsieur. La joie m’a toujours accompagné et je veux que ça dure le plus longtemps possible. Si cela peut vous rassurer, je suis un peu triste de ne pas avoir un petit ami. Aller, bonsoir monsieur. Je suis ravi d’avoir fait votre connaissance »
Julie lui lâcha la main. Elle fit demi-tour pour prendre la direction de son appartement.
« Tu as choisi le bonheur, et même si tu te mets en couple avec moi, ça te rentra encore plus heureuse. Tu es irrécupérable. Par contre, je peux encore faire quelque chose pour ta famille »
Ces dires étonnèrent la jeune femme qui se retourna afin de demander plus d’informations. Elle ressentit une courte peur en voyant le visage masculin collé au sien. Ensuite, une immense douleur brûlante se fit sentir au niveau de son bas vendre. Elle baissa les yeux qui étaient ouverts à leur maximum, tout en exprimant une immense surprise. Elle vit, avec horreur, un couteau enfoncé en elle.
« Maintenant, tu es triste à jamais, tout comme ta famille. Au revoir miss » dit l’homme calmement. Il retira rapidement son poignard. Julie voulut crier à l’aide, mais la larme lui trancha rapidement la gorge. Le mouvement fut net et précis. Trois secondes plus tard, elle s’évanouissait. La demoiselle ne reprit jamais connaissance.

8

Le tueur prit délicatement le corps sans vie et se dirigea vers un banc en bois. Il faisait face à une partie de la ville. Toutes les maisons dormaient paisiblement dans cette nuit pluvieuse. Le calme de la mort régnait. Seul le vent perturbait le silence avec sa musique habituelle. Ce chant avait comme réputation d’endormir certaines personnes en procurant un sentiment de sécurité.
L’homme resta quelques secondes à contempler ce paysage avec un sentiment de supériorité. Il portait la mort dans ses bras et cela augmentait son sentiment de domination. Il sentait une légère pression au niveau des boutons qui devançaient son pénis.
Après avoir posé sa victime sur l’assise, le personnage commença à déshabiller le corps par le manteau, puis les chaussures et les chaussettes. Il découvrit des pieds très fins. Le vieil homme les prit dans ses mains avec une sensualité macabre. Ses caresses les réchauffèrent légèrement. Ensuite, viens au tour du pantalon. Un liquide rouge claire coulait le long de la cuisse gauche et terminait derrière le genou. Ce flot se constituait de sang provenant de la plaît au ventre et d’urine chaude. Le sexe féminin était caché par un boxer blanc moulant. Devant, vers le bas à côté d’une large line rouge à bords non réguliers, on voyait une tache jaunâtre formée après la mort. La pluie commençait déjà à effacer toutes ces traces, les faisant couler sur le sol. Le tueur éleva doucement le cache-sexe en portant Julie sur son épaule. Cette position mettait en valeur de jolies fesses bien rebondies. Une main masculine bien entretenue frappa, uniquement avec sa paume, trois fois le cul, en produisant chaque fois des petites vagues.
« En plus, tu avais un joli cul, on serait bien amusé. Dommage ! » Fit une voix remplie de désespoir.
Il reposa la femme sur le banc, puis hotta l’ensemble des vêtements du haut. L’homme attendit durant cinq minutes que la pluie nettoie naturellement le sang qui avait coulé des deux blessures, ensuite il lui caressa les seins en forme de poire et encore légèrement rougeâtre. Ils tenaient parfaitement dans ses mains. Il sentait une agréable sensation. La poitrine était ferme, mais pas trop dure. Les doigts s’enfonçaient légèrement dedans. Le malade mental aurait aimé les goûter, mais il ne voulait surtout pas laisser son ADN sur la scène de crime.
L’assassin repris son couteau de sa poche et prononça ces mots :
« À présent, je vais te rendre parfaite, miss »
Il redressa la tête de sa victime en tirant sur les cheveux. Dessina avec son poignard, dans la peau des joues, trois traits verticaux les uns en dessous des autres pour symboliser des larmes. Les ouvertures ne saignaient pas. Elles étaient simplement de fines plaies rouges sur la peau devenue blanche. Rangea son arme, et sortit de l’autre poche du maquillage pour femme. L’assassin commença par mettre des gants en cuir noir. Ensuite, il ferma les paupières de la morte pour les colorier en noir. Enchaîna avec le mascara. Bizarrement, l’homme faisait cela très bien, telle une femme l’aurait fait. Il finit son travail en posant du rouge à lèvres noir.
Maintenant, Julie ressemblait comme deux goûts d’eau à une adolescente gothique qui allait se rendre à un concert de métal.
« Passons à la deuxième étape de ton chemin vers la perfection »
À l’aide de ruban adhésif transparent, il figea la bouche dans un sourire triste, en tirant les deux extrémités vers le bas. Puis viens au tour des yeux à subir une transformation. Il tira chaque coin extérieur également vers le bas afin de lui faire un regard non joyaux. Il ajouta des collants reliant les paupières aux sourcils pour maintenir les yeux ouverts.
Le silence fut brisé par ces dires :
« Cette dernière mortification t’apportera la perfection, miss »
Il ressortit son couteau pour lui scarifier les cuisses et les avant-bras.

Un tronc d’arbre situé juste derrière le banc maintenait la tête. La pluie faisait couler le mascara à côté des entailles. Julie était, malgré elle, le caryotype de la gothique mal dans sa peau, sous la forme d’un pantin. La mort se voulait être le paroxysme de la transformation.

L’homme attrapa les vêtements de sa victime, les vida de leurs biens, puis alla les jeter par-dessus les remparts. Il prit une dizaine de photographies de la scène en utilisant son iPhone.
Avant de partir, il prononça ces mots avec les larmes aux yeux :
« Tu seras ma petite amie à jamais »

 

Chapitre 2

1

Lorsqu’on arrivait pour la première fois à Semur-en-Auxois par la route principale (qui se voulait être une forte descende), une belle surprise visuelle nous attendait. En effet, une fois au début de cette pente, notre vue dominait une fortification moyenâgeuse formée par deux tours, donc une possédait sur toute sa hauteur une large fissure formée en 1602 à la suite d’une probable secousse sismique. Au sommet des bâtiments, jusqu’en dessous des toits en forme conique et reprenant une couleur mêlant l’orange avec un marron foncé, se trouvait une série d’étroites meurtrières. Une deuxième ligne verticale de fentes coupait la face visible en deux. Cinq grosses et hautes demeures séparaient les deux tours. Chacune possédait une hauteur différente, ainsi d’un nombre de fenêtres non égal. La plus imposante d’entre elles se voyait ses pièces éclairer par dix ouvertures vitrées organisées sur quatre étages (trois par niveau, sauf le premier qui en avait une seule). La bâtisse se fermait avec une façade d’un gris sale et non uniforme. Cette maison se situait en deuxième position. Son toit couleur vert vase comportait trois hautes cheminées. Les quatre autres demeures ne possédaient rien d’autre d’originale omise leur hauteur.
À l’arrière-plan de ces sept monuments, on apercevait les toits de deux autres donjons. Cela nous emmenait à penser que ces quatre tours formaient un rectangle imaginaire protégeant sûrement une place forte. Sur la gauche du paysage, notre regard se perdait dans un enchevêtrement de vieilles grosses maisons qui complétaient la touche moyenâgeuse. Au loin, une petite cathédrale, composée par trois tours clocher (deux de chaque côté de l’entrée et une en retrait). Cette dernière se terminait avec une flèche. Cette vieille dame donnait une impression de grandeur malgré la distance. Elle dominait toutes les autres constructions.

Un haut pont en pierre permettait l’accès à la ville en passant au-dessus d’une ancienne et profonde douve où coulait une rivière. Sur la rive la plus éloignée, une vieille grosse bâtisse attirait notre regard. La face visible se trouvait trouer par deux lignes de six fenêtres chacune. Ce bâtiment donnait la sensation d’être une ancienne caserne militaire au temps des rois. Derrière, légèrement en hauteur, un long édifice rosé précédé par quatre maisons très différentes l’une entre elles avait dû profiter de la protection des tours, car il semblait comme neuf.
Vers la fin du pont, une chose originale attendait les passeurs : une maisonnette à deux pièces jouait les funambules. Son entrée, fermée par une porte consolidée avec des planches, donnait directement sur la route couverte de pavés. La première salle, visible par une vitre à côté de la porte, renfermait un débarras indescriptible. La deuxième pièce, celle du fond, possédait que du vide, car certainement on croyait qu’elle allait s’écrouler parmi le vide. Son sol faisait un face à face direct avec la rivière en contre bas, ce qui pouvait offrir une très belle vue si une personne avait eût la folle idée de mettre une vitre au sol. Le paysage aurait été stupéfiant : une magnifique vue sur l’eau coulant paisiblement au font d’une cuvette tapissée d’une triste végétation. On aurait pu également, grâce à la transparence de l’eau, admirer le lit couvert d’une multitude de pierres et de cailloux gris. Plusieurs individus auraient sûrement aimé rester des heures à contempler cette merveille en se perdant parmi leur imagination. Dans ce contexte, le temps serait résumé à l’eau qui coulait, apportant ainsi les pensées au loin. Les saisons passantes auraient habillé ce paysage de différentes façons en mettant leurs propres originalités. Peut-être que les chimères des rêveurs seraient influencées par la froideur hivernale, qui aurait noirci les pensées, ou par la chaleur de l’été qui les aurait éclaircis. Nos penseurs auraient créé des mondes propres à eux et façonnés par leur vécu.

La nuit tombée, un jeu de lumière verte et jaune éclairait les bâtiments. La première couleur mettait en valeur les tours, ainsi que les maisons entre elles. La deuxième luminosité faisait ressortir la cathédrale dans la nuit, donnant une impression de supériorité, voire, pour les catholiques, de protection. Cette même teinte éclairait le long bâtiment situé en contre bas des tours. Contrairement à la cathédrale, elle n’arrivait pas à mettre en valeur son support. Ce fait provenait de la supériorité du vert (d’un point vu quantitatif).
Ce décor faisait revivre le Moyen Âge dans l’esprit des arrivants. La modernité n’existait plus.

2

Derrière la scène criminelle, deux voitures appartenant à la police se garèrent l’une à côté de l’autre. De la première en sortirent trois policiers qui se mirent immédiatement à repousser les quelques curieux. Ces derniers, en nombre de six, prenaient des photos avec leur smartphone pour sûrement par la suite les poster sur les différents réseaux sociaux comme des adolescents attardés.
Les « bleus » déroulèrent le fameux ruban jaune rendu célèbre par les nombreuses séries policières américaines. Au même moment, un personnage féminin descendait du deuxième véhicule. Sa longue et frisée chevelure rousse comme la parfaite feuille d’arbre symbolisant l’automne se jetait à nos regards. Lorsqu’ils étaient secs, ses cheveux couvraient la moitié de son dos en formant un important volume brouillon tel un torrent dévalant une montagne. Par contre, dans le cas contraire, ils lui chatouillaient les fesses. Ce jour-là, malgré les nombreux coups de brosse pour les dompter, on aurait dit que chaque cheveu empruntait un chemin différent pour arriver à la même destination. Certes, le volume de cette toison se voulait être important, mais il ne ridiculisait pas sa propriétaire. Il mettait juste un peu en retrait un visage ne devant pas aimait le soleil, à sujet par sa blancheur. Sur cette peau laiteuse se trouvaient deux yeux qui auraient pu être presque ceux d’un chat par leur couleur (un vert perçant) et par leur forme. Ces deux émeraudes subjuguaient au premier abord les personnes grâce à leur beauté ainsi à leur sérénité. Les individus ne ressentaient ni de froideur ni un surplus de convivialité. Le regard était tout simplement neutre, mais dénoué de vide, comme on pourrait facilement le penser.
Son nez pointu envoyait l’image d’une musaraigne, cela accentuait son côté mignon initié par sa jeunesse. En effet, elle devait avoir à peine trente ans vu qu’elle ne possédait presque pas de rides d’expression et qu’elle devait appartenir à un haut grade de la police, car cette dame se dirigeait vers le cadavre.
Sa bouche ne possédait rien de particulier, juste un léger rouge à lève rose.
La femme mouvait une longue silhouette mince avec légèreté. Son corps se cachait dans un pull moulant noir et une longue robe bordeaux recouverte d’un tablier vert foncé brodé de dentelles. Ce vêtement descendait proche de ses jambes, sans toutefois les coller. Cette tenue ressemblait fortement à celle portée par les serveuses dans les cavernes au temps des châteaux forts.
Des boots écrasaient les quelques brins d’herbe se trouvant entre les jeunes arbres.

La deuxième personne à sortir du véhicule était un homme d’une cinquantaine d’années aux cheveux châtain claire coiffés avec une raie au milieu qui séparaient la chevelure avant, dont ses pointes venaient chatouiller deux sourcils reprenant la même couleur. Les mèches laissaient voir, tel un rideau ouvert sur une scène, un front bien proportionné et ridé par des soucis de la vie. Les cheveux couvraient le haut des oreilles, ainsi de sa nuque.
Ses yeux bleu claire ressortaient grâce à sa peau hâlée. En effet, Mickaël, l’homme en question, bronzait très facilement bien que ses parents aient été blonds. Son regard se remplissait d’assurance comme les « grands » politiciens. Ce trait de caractère semblait être souvent pris pour une supériorité envers autrui, voir du mépris. Cependant, il possédait juste des principes qui réglaient son comportement à chaque instant.
Son nez prenait la forme et la grosseur de celui d’un boxeur pas doué dans le domaine de la garde. Lorsqu’on voyait cet appendice nasal, la première pensée venant à notre esprit était : l’homme devant nous boit plus que raison. Comme la majorité des préjugés, cette infirmation demeurait fausse. Mickaël but sa dernière goutte d’alcool à l’âge de dix ans en vidant les verres des invités durant la fin d’une réunion familiale. Cela semblait l’avoir dégoûté des boissons alcoolisées, sachant pourtant qu’il n’avait pas été malade.
On voyait chaque port du nez, sans même coller ses yeux dessus.
Sa bouche renfermait des dents blanches et parfaitement alignées.
L’homme mesurait une taille moyenne, c’est-à-dire environ un mètre soixante-dix. Sans savoir trop pourquoi, il paressait plus petit. Cela ne retirait en rien à son charme naturel. De plus, l’individu se valorisait naturellement au travers d’un charisme imposant qui ne laissait pas indifférent les femmes, et impressionnait les hommes. Mickaël, de son nom Lescure, ne passait jamais inaperçue durant un rassemblement. Il monopolisait la parole en toute discrétion grâce à son talent oratoire.
Cette personne portait un polo blanc avec des manches courtes (malgré la fraîcheur matinale). Ce vêtement lui collait son corps sculpté par quelques heures d’exercices physiques hebdomadaires, mais également sûrement par un petit défaut de gourmandise vu les bourrelets au-dessus des hanches. Un jeans délavé et une paire de Converses en toile bleue terminaient la touche « jeunesse » au personnage qui devait avoir une cinquantaine années

Les deux enquêteurs, dont la femme s’appelait Perrine Urbin, s’approchèrent d’un corps entièrement dénudé d’une jeune femme. La mise en scène de la mort bouleversa les deux collèges malgré leurs années dans le métier. En effet, sur le banc d’en face, un cadavre d’une femme s’y trouvait. Elle revêtait le style gothique au travers d’un maquillage noir qui avait coulait à cause d’une pluie nocturne, ainsi des différentes entailles sur les bras et les cuisses. Ces plaies lassaient des ouvertures rouges dans la peau blanche, pour ne pas dire translucide. Les avant-bras se posaient sans force sur l’assise. Ils collaient presque les cuisses. Tant aux mains, elles pendaient parmi le vide. Quelques gouttes d’eau perlaient encore au bout des doigts.
En dessus du banc, au fond d’une cuvette naturelle peut profonde, un liquide rougeâtre ondulait au rythme d’une légère brise. On aurait pu croire que cette fille venait de pisser du sang comme une petite veille malade.

Mickaël semblait choquer par la violence de la scène malgré son ancienneté. Évidemment, il ne voyait pas un cadavre pour la première fois, mais pas en respectant une telle mise en scène. D’habitude, le macchabée se trouvait dans une ruelle à même le sol. Là, quelqu’un avait volontairement embelli la mort, ou plutôt modifier le « plus être » à son image. Le tueur voulait également humilier sa victime en la déshabillant entièrement, comme pour la punir d’une chose qu’elle lui aurait fait subir. Peut-être une rupture sentimentale.
L’enquêteur éprouvait une importante difficulté à regarder la jeune femme, car il possédait une belle fille d’à-peu-près du même âge. Dans son esprit de beau-père, voire de père vu toutes ces années passées à ses côtés, le visage de Stella, sa belle-fille, s’était superposé sur celui de la victime.
Sa maturité lui permettait de garder ses esprits face à cette horreur. De plus, il ne se voyait pas faire une crise d’angoisse devant tout le monde. Et puis, de toute façon, ce n’était pas le genre de la maison. Son tempérament calme lui permettait de surmonter n’importe quelle situation, même celles les plus terribles.
Concernant Perrine, la vision semblait différente. Certes, la mort s’y trouvait, mais d’une autre façon. Le « plus être » trônait devant elle, plus précisément à quelques pas. Cependant, la demoiselle ne ressentait aucune crainte, ni aucune tristesse, car elle ne connaissait pas cette personne affalée sur ce banc telle une marionnette dépourvue de fil. Non, l’enquêtrice voulait sortir une feuille et des crayons gras pour croquer ce moment. L’artiste aurait commencé par le cadavre en mettant un maximum de détails, mais surtout en faisant très attention au jeu entre l’ombre et la lumière. Puis viendrait le tour du décor. La jeune femme s’apercevrait rapidement qu’il ne lui plairait pas. Par conséquent, elle le remplacerait par un autre beaucoup plus naturel, sûrement par une carrière se situant au centre d’une immense forêt. On verrait, derrière le corps, des rayons de soleil qui mettraient en valeur des fées.
Évidemment, Perrine ne ferait pas ce dessin dans l’immédiat (sinon elle serait prise pour folle). La jeune femme mémorisa chaque détail du corps, espérant, par la suite, les poser sur papier.

La pluie nocturne avait laissé place à un grand soleil qui illuminait les couleurs de l’automne. Les flaques d’eau reflétaient le monde en le floutant au travers des vaguelettes formées par une brise provenant des feuilles mourantes non pas dans une tristesse visuelle, mais au sein d’un panache coloré.

Les deux enquêteurs se rapprochèrent du corps afin de repérer d’éventuels indices, en attendant l’expertise du médecin légiste. Ils virent seulement que les plais sur les cuisses et les bras n’avaient pas saigné, donc en conséquence effectuées poste mortelle.
Mickaël, avec un ton légèrement dégoûté, prononça :
« Je n’ai jamais vu une telle mise en scène de la mort. Le type, qui a réalisé ça, n’est pas de tout bien dans sa tête. Je ne pensais pas que cette horreur pouvait arriver ici. On voit de pareils meurtres que dans les grandes villes »
« Les esprits malades se trouvent partout malheureusement. Et la mort fait partie de ce monde. Il faut l’accepter »

Un des deux agents (un homme d’origine italienne et ayant environ vingt-cinq ans) arriva près d’eux et dit :
« Désolé de vous déranger, mais la dame qui a découvert le corps souhaite être interrogée rapidement, car elle a d’autres choses à faire »
Mickaël jeta un regard rapide coup d’œil vers une vieille femme. Elle semblait l’air en colère et pas du tout choqué.
« J’adore les retraités qui peuvent profiter de leurs dernières années à vivre, mais qui les passent à râler »
Sur ceux, la voix féminine répondit :
« C’est pour cela qui râlent. Ils ont peur de la mort, sachant qu’ils sont proches d’elle »
Mickaël répondit par un simple sourire.
Les deux coéquipiers se dirigèrent vers la petite dame qui tenait un bichon maltais en laisse. Elle possédait une chevelure courte, frisée et noir pétrole, sûrement dû à une coloration ratée, car la couleur n’était pas de tout en accord avec le visage tout rond. Même pas une forme dessinée son menton. Toutes les rides possibles se dessinaient sur ce faciès. Il ressemblait fortement à un masque d’Halloween (en voyant cette chose, Mickaël pensa : « j’espère qu’elle ne ressemblait pas à cela durant sa jeunesse, sinon, la pauvre, elle n’a pas dû s’amuser beaucoup au lit »). Son petit corps comportait une poitrine démesurée. Elle paressait bien droite grâce un soutien-gorge dont la taille devait être au minimum du cent vingt bonnet « f ». Seules les personnes non voyantes pouvaient la rater. Cette chose immense se cachait derrière une robe une-pièce fleurie grossièrement dont le font se couvrait d’un bleu clair symbolisant certainement le ciel. Cet habile s’arrêtait au niveau des chevilles à peine visibles pour cause d’une grande quantité de graisse. Les sous-pieds se protégeaient avec des claquettes blanches comportant des fleurs roses. Les deux gros orteils ne possédaient pas d’oncle.
La peau des mains formait des vaguelettes entre les grosses veines blues.

Perrine prit parole :
« Bonjour madame. Je suis enquêtrice et voici mon coéquipier. — Elle montra Mickaël dans un mouvement de doigt. — Mon collège là-bas — Cette fois, elle fit un geste avec la tête. — M’a dit que vous avez découvert le corps. J’espère que vous n’être pas trop choquée »
« Votre plaque »
Les deux policiers obéirent, tout surpris.
Après avoir regardé les deux morceaux métalliques, elle reprit la discussion :
« Ouais, j’ai découvert cette morte à poil. Je n’étais pas très surprise, car il y a tellement de fous aujourd’hui.
Il m’en faut plus pour me perturber, madame »
Perrine lui répondit dans son esprit : « le nombre de malades mentaux ne constitue pas un argument. C’est juste grâce, ou plutôt à cause, des nouvelles technologies. Avec eux, chacun peut voir la majorité des actes de violence sur internet »
Mickaël posa naturellement cette question :
« Avez-vous touché à quelque chose ? »
« Évidemment non ! Je ne veux choper une maladie, car sa doit être forcément une pute vu qu’elle est à poil »
D’un ton sévère, Mickaël répondit :
« On se passera volontairement de vos jugements hâtifs »
« Évidemment, vous être tellement intelligent, vous, les flics. Bon ! Je n’ai rien d’autre à vous dire, à part que je suis heureuse de voir cela, malgré que vous m’avez fait perdre mon temps, car je vais avoir des choses à dire aux voisines »
Sur ces propos, Françoise, la veille dame, tourna les talons puis parti d’un pas gai, suivit par son chien qui passait son temps à renifler par tout, et surtout les merdes.
Perrine voulut la retenir, mais coéquipiers l’en empêcha par ces mots :
« Laisse-la partir. Si on a encore besoin d’elle, cela m’étonnerait énormément, Marco a pris ses coordonnées »

Toujours en attendant la légiste, les deux enquêteurs fouillèrent les environs. Perrine se pencha par-dessus les remparts, par simple curiosité. Dans son imagination, le paysage se représentait au travers d’un tableau mettant en valeur la lumière du soleil qui illuminait la petite rivière coulant dans l’immobilité sous un pont en pierres. Encore une fois, en perspective de mettre son image mentale sur une toile, la dessinatrice hésiterait entre une coloration par pastel ou par petits points. Elle mettrait en valeur le côté « campagne » en éclaircissant la végétation par rapport aux bâtiments. De plus, elle poserait peut-être un filtre « moyenâgeux » en mettant des toits en chaume et des paysans dans les champs.
Soudain, au pied des remparts, la femme vit une chose sombre sans forme précise. Elle se concentra sur cette anomalie du tableau. Cela ressemblait vaguement à des vêtements en tas. Perrine descendit un étroit escalier situé sur l’extrême droite de la place. Rapidement, elle se trouva ralentie par une végétation sauvage, puis bloquée devant un mur vert à moins d’un mètre de son objectif. Elle prit une série de clichés en tenant devant l’objectif un plot jaune marqué par le numéro dix, puis avec une branche arrachée, notre héroïne attrapa chaque vêtement. Ensuite, la femme remonta les mêmes marches collées au rempart, tout en tenant les habille à l’aide du bâton pour ne pas mettre ses empruntes dessus.
Une fois sur la place et des gants en latex bleu enfilés, l’enquêtrice fouilla les poches à la recherche d’éventuels papiers pouvant identifier la victime. Malheureusement, elle ne trouva rien de la sorte, juste des tickets de cinéma. Elle déposa tout cela dans un grand sachet plastique transparent comportant un bord rouge, puis le donna à son collège, tout en lui indiquant le lieu de sa trouvaille.

Le médecin légiste arriva, effectua quelques prélèvements ainsi des photographies. Finalement embarqua le corps.

3

Une mini Cooper au toit noir et à la carrosserie blanche avec des dessins de fleurs grimpantes sous les vitres se gara dans la rue principale de Semur-en-Auxois, celle reliant la partie nouvelle de la ville à l’ancienne. Elle était en grande partie couverte par des pavés et symbolisait l’entrée parmi la vieille partie avec une arche. D’un côté de la rue, on trouvait des restaurants accompagnés par des bars proposant des terrasses pour que leurs clients puissent profiter du soleil tout en consommant. L’endroit semblait agréable omis les véhicules passant très près des consommateurs. Cependant, la circulation se résumait à quelques véhicules par heures.
En face, on pouvait voir de hautes habitations très anciennes.

À cette heure du jour (19 heures) et à ce moment de l’année, la nuit enveloppait déjà Perrine. Cette dame noire n’était pas venue seule. En effet, une fine pluie commença au crépuscule, puis ne cessa pas. Elle s’agitait au vent sous les lampadaires diffusant une lumière orange fatiguée. Cet éclairage créait une atmosphère cloque comme dans les vieux films policiers.
Mademoiselle Urbin descendit du véhicule et entra à l’intérieur d’une maison comportant trois étages.

À présent, la femme se trouvait au centre d’une petite pièce couverte par un vieux béton. Elle contenait juste un escalier droit menant vers une ouverture lumineuse reprenant une forme rectangulaire qui fournissait l’unique clarté, et deux vélos tous terrains posés sur le mur gauche. En face, une porte en bois donnait sur le reste du niveau.
Perrine monta au deuxième étage après s’être déchaussée. Elle arriva devant une grande pièce formant un « L ». L’endroit regroupait la salle à manger (où se trouver notre héroïne), le salon (situé au fond), et la cuisine (placée dans la barre horizontale du « L »). Le premier endroit comportait une table rectangulaire accompagnée par quatre chaises. Un métal peint en gris très foncé (limite noire) les faisait. De fins coussins blancs cassés couvraient les « poses-fesses », et ainsi offraient une meilleure assise. Une épaisse plaque en verre protégeait la table, tout en reflétant la lumière d’une grosse ampoule protégée par un long abat-jour métallique épousant une forme arrondie. Cette lampe, dont ses jumelles illuminaient le reste du niveau, se suspendait par un fil noir au haut plafond. Ce denier, tout blanc, possédait environ cinq mètres de vide sous lui.
Un tapis reprenant les tons marron mariés à ceux pourpres situé sous les sièges et la table offrait un support douillet aux pieds des convives.
Un canapé en cuir marron foncé formant un angle droit séparait le salon, la cuisine et la salle à manger. Le plus grand nombre de places assises alignées tournaient le dos à la cuisine, tout en se faisant devancer par une télévision plate posée sur un mur couvert par des briques, tout comme ses autres semblables. Entre ces deux éléments (le divan et la télévision), une grande malle en gros bois veineux foncé fessait office de table basse, mais également de bar, car il renfermait des bouteilles d’alcool. Encore une fois, un tapis identique au premier couvrait le sol sous ces différents éléments.
Une table de cuisson surmontée par une hôte nue trônait au centre d’une cuisine. Des meubles rouges laqués situés au tour des plaques électriques (qui fessait également office de lieu à manger grâce aux rallonges) brillaient sous la grosse lampe.
Perrine était en vis-à-vis avec une série d’immenses fenêtres, dont un métal noir faisait leur encadrement et elles comportaient des sommets arrondis, qui laissaient entrer une belle lumière naturelle. Durant les journées ensoleillées, les rayons glissaient sur le parquet imitation béton claire.
Sur la droite de la femme, deux portes marron claire sans aucune moulure permettaient d’entrer respectivement dans la salle de bain et les toilettes. À l’opposé, une troisième fermeture cachait un escalier menant au troisième étage.
Perrine choisit la décoration en s’aspirant du style « loft new-yorkais » en ajoutant une pointe « atelier ». Sa décision avait été prise par rapport aux fenêtres et aux murs en briques.

La demoiselle se dirigea vers la cuisine, attirée par une agréable odeur de nourriture indéterminée. Cet arôme se voulait être légèrement épicé et venait d’un autre pays. Arriva dans le lieudit. Une femme cuisinait. Elle possédait une beauté africaine formée par une paire d’yeux en amande qui délivrait un doux regard, par un nez légèrement trop épaté, mais que sa petite taille le rendait très mignon, et par une bouche pulpeuse couverte d’un gloss rose très brillant. Sa peau couleur « chocolat au lait » ne se déformait pas avec des rides d’expression (sûrement grâce à un bon maquillage). Ses traits féminins étaient mis en valeur par son crâne chauve (cela peut semblait bizarre, mais l’absence de cheveux accroissait sa féminité), au travers d’un maquillage bleu sur ses yeux, puis saumon entre les paupières et les sourcils très bien épilés, finalement relativement à la finesse des joues.
Tout son visage reflétait une tendresse naturelle. On ne pouvait pas s’imaginer une once méchanceté venant de ce personnage.
Sa beauté physique (créée durant trente ans) se prolongeait sur son corps. Sous sa robe de nuit à fines bretelles blanche et ayant un léger décolletée, on devinait facilement une silhouette élancée sans aucune trace de graisse. Toutefois, deux reliefs déformaient nettement la ligne du tissu. La première au niveau d’une poitrine formée par deux seins généreux formant des poires. La deuxième située sur un petit fessier bien rebondis.
Les quatre extrémités faisaient dans la finesse et s’embellissaient d’un vernis bordeaux.

Après un léger baiser sur les lèvres féminines, Perrine dit d’un ton faussement sévère :
« Ma belle ! Tu n’aurais pas dû préparer ce repas, tu es encore faible »
« Ne t’en fais pas, je vais bien. Et cela m’aide dans ma guérison » répondit Anima tout sourire.

Devant elle, plusieurs poêles et une cocotte fessaient chauffer un plat typiquement africain : un poulet DG. Ce met se composait évidemment d’un poulet coupé en fins morceaux, de légumes et d’une banane. La viande cuisait, accompagnée d’une huile où flottaient des oignons, dans la cocotte-minute. Une poêle servait à faire chauffer des carottes, des poireaux, des poivrons, des haricots verts, des tomates et du gingembre. Du curry saupoudrait ce mélange, d’où l’odeur pimentée qui s’accentuait par la cuisson de longs piments verts à l’intérieur d’une seconde poêle.

Tout en goûtant avec son doigt la sauce des légumes, sous des regards faussement sévères lancés par Anima, Perrine commença une conversation :
« Ma puce, as-tu regardé les informations cet après-midi ? »
« Non, je me suis reposé pour pouvoir faire ce repas. Pourquoi ? »
« Ah ! Tu t’es reposée quand même. C’est bien »
« Merci maman »
Les deux femmes rirent. Puis, celle à la peau blanche reprit la parole par ces dires :
« Aujourd’hui, on a découvert un cadavre d’une femme sur la place derrière l’ancien hôpital »
« Une SDF ? »
« À première vue non. Elle était propre et bien habillée, façon de parler, car lorsqu’on l’a découverte, elle ne possédait pas de vêtements »
« Nue ? »
« Oui ! Le tueur la dénudait et jetait ses affaires par-dessus les remparts. Mais ce n’est pas tout. Il, en supposant que c’est un homme, a transformé sa victime en adolescente gothique en la maquillant puis en tailladant ses avant-bras ainsi ses cuisses »
« Tu penses que c’est un tueur en série ? »
« C’est trop tôt pour le dire. Mais pourquoi pas »
« Non, pas dans notre trou perdu »
« Tu sais, il y a des malades partout malheureusement »

Durant la fin de la préparation du repas, Perrine dressa la table. La vaisselle se composait d’assiettes noires rectangulaires aux coins arrondis, de verres à eau bleue clair possédant des mini reliefs tout autour, et de simples couverts sans décoration.

Le dîner se déroula tranquillement animé par des conversations aux sujets banales et à-propos de choses féminines (maquillage, magasins…).
Après avoir débarrassé la table, Anima annonça qu’une deuxième surprise l’attendait au deuxième étage. Perrine répondit par un regard qui disait :
« Tu n’es pas raisonnable, coquine »

Le couple rentra en se tenant la main dans une magnifique chambre décorée selon le style « africain moderne ». Un renfoncement, fait dans le mur au-dessus du lit reprenant une forme rectangulaire, mesurait presque la longueur de la cloison, et possédait des lampes encastrées à l’intérieur de sa partie haute. Ces lumières tamisées éclairaient trois objets : deux statuettes représentant des visages très allongés et un petit fagot de bois rare. Le papier peint du mur était « ogre rouge ». Les autres arboraient la couleur d’un maïs presque mûre. Le sol se couvrait d’une moquette marron clair uniforme. Le lit donnait la sensation d’être deux transats mis côte à côte et recouvert par un matelas lui-même enveloppé d’une fine couette blanche comportant uniquement des rayures bleues, accompagnées par quelques-unes bordeaux, vers le bas. Sur la gauche de cette couche, une toute petite table basse comportant une lampe et un cadre photo faisait office de table de nuit. À l’opposé, un par vue en bois claire cachait une garde de robe. Il était fait de fines lamelles. Devant, un énorme pot en terre recevait une grande plante verte qui touchait le plafond caché par une voilure blanche. Elle formait un dôme inversé au centre de la pièce.
Perrine demanda :
« Où est ma surprise ? »
Tout en se déshabillant, Anima répondit :
« C’est moi ta surprise »

 

 

Chapitre 3

Un mardi

 

Lorsqu’on arrivait à Montbard par le train durant une agréable soirée d’été, une délicate odeur, provenant des nombreux bois et forêts présents dans la région, nous accueillait. Cette senteur fessait savoir aux nouveaux arrivants qu’ils étaient loin des villes polluées. Le silence accentuait cette sensation.

Dans la pénombre, des petites routes campagnardes serpentaient entre champs et arbres, stimulant l’imagination. Durant le beau temps, les esprits fertiles pouvaient s’évader dans la nature avec un amour rêvé et jamais obtenu souvent par cause de timidité. En revanche, lorsque soit un épais brouillard soit une lourde pluie assombrissait tellement la lumière naturelle qu’on pouvait à peine distinguer les formes, nos rêveries nous transportaient au sein d’un sombre univers rempli de stéréotypes comme les anciens films d’horreur (ainsi les nouveaux à vrais dire), dans lesquels, à la fin d’un virage, la célèbre dame blanche nous aurait fait un signe de la main, tout en souriant froidement.

Ces mêmes routes, toutes fortement déformées par des années d’intempéries, détournaient de hautes collines où parfois trônaient des restes de châteaux forts rappelant le passé. Au cours des nuits dévoilées, la lune éclairait ces bâtisses leur donnant un aspect gothique faisant référence au célèbre conte Dracula. Évidemment, l’environnement n’était pas du tout le même que dans l’histoire originale, mais l’esprit faisait la transposition sans difficulté, sûrement à cause du côté cloque de l’endroit.

 

Sur l’une de ces fameuses petites routes pas faciles d’accès, surtout dans les virages pour cause de hautes végétations cachant la visibilité, vers une heure du matin, une « Renaud cinq » rouge roulait prudemment. À son bord, un jeune homme roux, de grande taille et habillé d’un survêtement bleu conduisait en écoutant de la musique urbaine. Il possédait un fin collier couleur carotte sur ses minces joues légèrement creusées. Cet élément pileux reliait les opposés d’un crâne presque totalement rasé. Seul un léger duvet le séparait de la coiffure du célèbre gardien de but, Fabien Barthez.

 

Ce jeune homme se prénommait Jérémy Moulins. Il étudiait l’électronique en première année de licence, après avoir obtenu difficilement un BAC professionnel (en trois essais). Cela ne fessait pas de lui un mauvais garçon. Il était seulement paresseux et surtout sans but (pas facile de trouver la motivation dans ce cas). Ajouté à cela, sa personnalité rebelle, ou plutôt « monsieur je sais tout, malgré mon jeune âge ». Jérémy adorait se mêler des discussions pour apporter son jugement souvent dénué de profondeur et de complexité. Depuis plusieurs années, ses parents ne le reprenaient plus, vu que le père était parti depuis cinq ans en Guadeloupe pour son travail (il revenait seulement une fois tous les dix-huit mois) et que la mère n’arrive pas à élever seule son fils. Le jeune adulte ne voulait donnait aucun coup main pour le bon fonctionnement du foyer familial. Il rentrait des cours, il mangeait rapidement et il partait soit pour aller voir des amis soit pour effectuer sa garde en tant que pompier volontaire. Cette activité fessait fureur auprès des jeunes de la région (il faut dire que c’était presque la seule). Ce volontarisme pouvait être en contradiction avec la personnalité de notre personnage. Le poste adolescent, malgré sa paresse, aimait se rendre utile (sauf pour sa mère sûrement à cause des principes à la con qu’on possède à vingt ans). Il passait chaque samedi soir dans la caserne des pompiers, où une bonne ambiance y régnait. Une quinzaine de jeunes personnes d’une vingtaine d’années passaient des soirées à refaire le monde souvent autour d’un feu de camp. Évidemment, des pompiers confirmés encadraient ces volontaires, surtout sur les interventions, car le reste du temps, ces adultes adoraient revivre leur jeunesse.

Pour devenir pompier bénévole, Jérémy passa des tests d’effort afin d’évaluer ses aptitudes physiques. Au paravent, sachant qu’il allait être juste sur ces épreuves, notre jeune homme effectua durant plusieurs mois un entraînement sportif strict. Chaque jour, il allait courir dans la forêt située autour du lac de pont à Semur-en-Auxois. Sur les chantiers terreux songés de grosses pierres, de racines et de branches, le calme le mettait dans une sorte sphère remplie d’agréables senteurs venant des arbres.

Durant ses gardes, Jérémy était intervenu une fois sur un accident grave appliquant une voiture et un poids lourd. Comme toujours dans cas-là, le camionneur n’eut aucune blessure, contrairement au conducteur de la voiture qui, tant à lui, mourut à l’arrivée des secours. Notre jeune pompier voyait pour la première fois un cadavre. Évidemment, il en fut choqué. À la télévision, la vision d’un mort lui paressait drôle, contrairement au réel. De plus, la victime, de sexe masculin, avait à peu près son âge. Bêtement, une certitude très conne pensait par les jeunes du même âge tomba. Voici cette vérité : « nous sommes jeunes, donc immortels »

 

1

 

Son père, prénommé Steve, travaillait comme garde forestier sur l’île de la Martinique. Plus précisément, son job consistait à faire partie d’une équipe d’une centaine de personnes qui entretenait et protégeait l’immense forêt se trouvant l’île. Steve accepta immédiatement l’offre de mutation proposée par son supérieur, et cela sans même demander l’avis de sa femme. Il fallait bien dire qu’entre ces deux-là, l’amour n’existait plus depuis quelques années. Yvette (sa femme) se voulait être très directive. Elle adorait tout diriger. Ce défaut caractériel venait sûrement de son métier. Cette dame enseignait l’histoire au lycée. Les élèves la craignaient énormément, car, malgré son humour apprécie par tous, elle voulait toujours avoir le calme total dans ses cours. Les étudiants rigolaient seulement lorsqu’elle décidait, et uniquement à ses blagues.

Cette dame commença son travail dans un lycée difficile. Un jour, alors qu’elle demandait le carnet de correspondance à un élève venant de la traiter de salope, elle retourna toutes les tables la séparant de l’individu en question et attrapa son pull-over à deux mains, puis souleva le corps paralysé par la peur. Le jeune homme se trouva collé au mur sans avoir eût le temps de réagir. Un visage rouge écarlate entouré d’une chevelure châtain foncé totalement raide se trouvait seulement à quelques centimètres de lui. Il sentait un souffle chaud sur son nez, sa bouche et son menton. Dans un autre contexte, il aurait trouvait cela sensuelle, mais le fait que la femme lui criait que son père allait être convoqué et qu’il avait d’ores et déjà six heures de retenues le ramena très rapidement à la réalité.

Le lendemain, le géniteur de l’élève arriva en furie dans la salle des professeurs, suivis par son fils en larmes. Il le força à présenter ses excuses.

Depuis ce jour, Yvette se constitua une sévère réputation au sein du lycée.

 

2

 

Steve adorait son travail. Cela semblait totalement normal vu le cadre naturel. Il faisait son labeur toute la journée dans une magnifique forêt constituait d’immenses arbres formant une sorte de prison étouffante. Les personnes voyageant dans cet enfer vert (car malgré la beauté du lieu, les conditions de vie étaient rudes à cause de la chaleur, des plantes venimeuses et les différents animaux prêts à se jeter sur eux) devaient avancer en coupant à la marchette la végétation en face d’eux, tout ayant la sensation que les branches repoussaient immédiatement après leur passage, accentuant la sensation d’enfermement ainsi celle d’étouffement. Le taux d’humidité était tel que le moindre effort physique provoquait aussitôt une transpiration intense. Elle rendait les vêtements collants. Les travailleurs croyaient avoir une seconde peau qui rendait leurs mouvements pénibles.

Parfois ces hommes et femmes découvraient un endroit dégagé offrant une petite cascade d’eau noyant à l’infini de gros rochers dans une légère brume. Le liquide était parfaitement transparent sur les trente premiers mètres, puis s’obscurcissait en formant une substance laiteuse empêchant la vue du font. Les travailleurs le trouvaient accueillant visuellement, mais pas physiquement, car sa fraîcheur intense la rendait désagréable, et cela malgré la chaleur ambiante. Cette froidure liquide venait de l’ombre permanente créée par les arbres qui barraient la route à presque tous les rayons du soleil. Seul un puits lumineux traversait, grâce à un trou dans la canopée, le plafond végétal et faisait naitre un magnifique halo blanc qui tranchait nette avec l’obscurité ambiante.

Steve aimait se baignait dans ces lacs (malgré leur fraîcheur) après une dure journée passée à travailler. Il se mettait au centre, puis écoutait la musique naturelle composée par les cris d’animaux et les chuchotements des plantes. Durant ces moments-là, monsieur Moulins oubliait totalement sa vie passée, plus précisément celle vécue sur le continent. L’homme s’imaginait bien ne plus revenir en France. Toute façon mon fils est adulte maintenant, donc il n’a plus vraiment besoin de moi, au pire il peut compter mère, pensa-t-il. De plus, nous n’avons jamais été vraiment proches, sans savoir vraiment pourquoi. Cela vient sûrement du fait que je ne me trouvais pas souvent à la maison. Ensuite, ma femme. Avant de partir, notre relation n’était déjà pas au beau fixe à cause de son envie de tout diriger. Au commencement de notre relation, Yvette n’était pas comme cela. Elle se mettait toujours un peu en retrait. Sa timidité me touchait. Puis son métier la transformait, la durcit. Je peux comprendre ce changement. Elle ne voulait pas être dominée par les élèves. Cependant elle aurait pu faire la différence entre sa vie professionnelle et personnelle. À ses côtés je me sens parfois élève. Je n’arrive pas à exprimer ma personnalité.

Mon amour se délave d’année en année. Je pense de plus en plus au divorce, sachant que je pourrai commencer une nouvelle vie avec Alisoa.

 

 

En effet, Steve rencontra une femme autochtone habitant jusqu’à côté de chez lui, deux mois après son arrivée sur l’île. Elle était veuve depuis cinq ans et sans enfant. Son marie morue dans un accident de route pendant son travail (il percuta un camion sur une route étroite perchée sur une colline au cours d’une livraison). La veuve fut très heureuse de rencontrer son nouveau voisin après avoir passé ces dernières années à sombrer dans la dépression. Elle trouva immédiatement en lui le réconfort tant attendu. De plus, Alisoa eu l’agréablement surprise de voir que son nouvel ami se sentait également mieux en sa présence. Ils passèrent quelques très bonnes soirées à souper des mets simples devant la mer blanchis par la pleine lune. Derrière eux, la forêt faisait penser au décor du film « pirate des caraïbes »

À la suite d’une dizaine de rencontres permettant la découverte et l’appréciation de l’autre, ils firent l’amour chez la femme.

Un bois décoloré à cause du soleil faisait sa case typique. Elle possédait un toit en palmes de palmiers totalement desséchées et devenues grisâtres, un peu comme le bois des murs, car celui des volés se voulait être beaucoup plus vif. Sur la façade, on voyait nettement les différentes planches qui la composaient. Elles se séparaient par des sortes de grosses plaintes.

Une pelouse jaunie encerclait, tout en la collant, cette demeure. Elle avait vu sur la mer grâce à sa position surélevée. Des palmiers lui faisaient de l’ombre et en conséquence la rafraîchissaient.

L’intérieur de la bâtisse renfermait le strict minimum pour vivre. Seul un grand miroir encadré par un métal noir formant une plante grimpante agrémentée de roses apportait une porte de luxe. Cet objet fessait parti de la famille depuis le début du dix-huitième siècle. Personne ne connaissait son origine. Comme d’habitude dans ce genre de situation, une légende avait naît de cette ignorance (un peu, voir beaucoup, comme les religions). L’histoire narrait une relation d’amour entre une femme esclave et un esclavagiste arabe. Ce dernier, prénommé Saïd, c’était vu offrir une plantation de cacao par son père pour sa vingtième année. (L’auteur de ce livre ne souhaite pas raconter le reste de l’histoire, car sa banalité l’ennuie. Vous devez uniquement savoir qu’à la fin, Saïd doit retourner dans son pays sans sa bien-aimée et par amour lui offre ce fameux miroir pour qu’elle le revende et qu’elle achète sa liberté). Par la suite, sachant cette romance, aucun membre de la famille n’osa le vendre par crainte de déshonorer son ancêtre, dont on ne connaissait même pas son prénom. Et cela malgré la grande misère de certains entre eux (le poids d’une tradition familiale peut-être lourde à porter, tout comme la connerie humaine).

 

Alisoa possédait un visage creusé par le temps. Les plis et les creux se succédaient sur rythme infernal. Certaines personnes aiment associer un être humain à un animal. Dans ce cas, se serait obligatoirement un chien appartenant à la race du sharpei. De plus, sa coiffure, qui se constituait de longues et fines tresses plaquées sur son crâne un peu trop rond, accentuait ses déformations, et par conséquent sa laideur. Ses nattes se terminaient par de fins élastiques multicolores. Cette coiffure la rendait complètement ridicule. Elle aurait pu passer, voir faire mignon, sur une fillette sortant du stade « bébé ». Mais là, on se croyait face à un clown. Malgré sa très grande taille, sa chevelure lui arrivait en dessous de ses fesses totalement plates, tout comme le reste de son corps. Les formes féminines n’existaient presque pas. Ses vêtements, souvent très colorés, tombaient en ligne droite sans aucune déformation.

Malgré tous ces défauts physiques, cette femme appelait à la sympathie. Elle souriait toujours, même dans les moments difficiles. Au sein du village, on l’appelait madame « joyeuse ». Les habitants qui n’avaient pas le moral pouvaient aller la voir pour discuter de leur problème qu’elle résolvait en quelques mots. Même durant son deuil, elle continuait à rendre ce service malgré sa douleur intérieur. Évidemment, les villageois essayaient d’inverser les rôles pour lui rendre une sorte d’hommage à sa bonté naturelle. Cependant la plupart d’entre eux n’y arrivaient pas. Le naturel revenait au galop devant les refus d’aide de la part d’Alisoa. Évidemment ceci se passait toujours en sourire.

 

La première nuit torride du couple fut particulière pour Steve. C’était la première fois qui trompait sa femme. Malgré le peu d’amour qu’il ressentait encore pour elle, sa conscience le chiffonnait un peu. Bizarrement pas envers sa femme, mais pour son fils. L’homme avait conscience que son acte allait sûrement briser sa famille. Certes elle ne semblait être pas des plus unis, mais elle existait. Au plus profond de lui, elle était présente dans les moments difficiles, comme refuge certain. Et détruire ce sanctuaire serait se découvrir aux difficultés de la vie. Évidemment il allait peut-être retrouver cette protection auprès de sa nouvelle compagne, mais l’homme possédait encore des doutes.

De plus, Steve était sur le point de faire l’amour avec une femme de couleur. Jusqu’à là, ses rapports sexuels se déroulaient uniquement avec sa femme. Il ne pensa jamais à ce fantasme qui se trouvait dans quelques esprits. Pour lui, une femme restait avant tout être complexe et admirable peu à porte sa couleur de peau. Il n’allait pas faire l’amour avec une « noire », mais avec une femme rempli de gentillesse.

 

Le couple rentra au sein d’une petite chambre meublée uniquement par un lit d’une place (celui de deux places avait été vendu après la mort de son mari pour se nourrir et en même temps en but de tourner la page) et par une simple garde de robe. On se sentait vite à l’étroit en ce lieu toujours sombre.

Steve déshabilla sa nouvelle compagne tout en l’embrassa lentement. Il sentait les os féminins entrer dans son corps, ainsi d’une légère douleur. Il ne s’imaginait pas se décoller, car cela aurait été mal interprété. En plus, notre homme ne pouvait pas compter sur les seins pour avoir un recul naturel. La poitrine se résumait plus au moins à deux tétons se situant au-dessus de deux rangées de côtes bien visibles.

Sur ce corps, la seule chose agréable à regarder était le vendre. Sa forme parfaitement aurait fait rager pas mal de femmes. Pas un bourrelet ne le déformait en le rendant désagréable au regard. Cette petite merveille se terminait par une touffe de poils frisée taillée pour l’occasion.

 

Ce nouveau couple s’allongea dans le lit et pratiqua l’une des rares positions autorisées par la morale et au manque de place, c’est-à-dire « L’Andromaque » (l’homme allongé et la femme à cheval dessus). Steve, habitué à une poitrine généreuse, fut un peu déçu. Cependant l’amour lui fit rapidement oublier cet inconvénient, même s’il ne savait pas vraiment où poser ses mains sur ce corps sans forme.

Les deux individus s’endormirent sur le côté et emboîté l’un dans l’autre.

 

3

 

Jérémy, de son côté, n’avait encore jamais eu de rapport sexuel avec une femme. Cela lui le dérangeait énormément, vu que tous ses amis l’avaient déjà fait. Cependant il savait bien, au fond de lui, ce n’était pas l’absence de sexe qui était le plus douloureuse, mais le manque d’amour. Évidemment, il voulait découvrir le plaisir charnel, à condition que les sentiments soient présents. Ce jeune homme possédait un fort romantisme (tout comme son père). Il ne voyait pas les femmes comme des choses dépourvues d’âme.

À chaque fois qu’il tombait amoureux, Jérémy se mettait à rêvasser à une vie auprès de la belle, sans jamais essayer de la concrétiser par manque de confiance. Il se sentait laid, sans intérêt ni d’humour.

Ce manque d’estime de soi venait du père. Steve possédait un fort caractère et avait tendance à rabaisser son fils durant les discussions. Jérémy n’avait pas l’habitude de cela. Avec les années, le jeune adulte acquis une totalement emprise sur sa mère malgré son fort caractère. Son travail d’enseignante l’épuisait et par conséquent, elle ne voulait pas poursuivre ce labeur chez elle. Yvette savait que c’était la solution de facilité, et en aucun cas, son fils ne pourrait se bonifier grâce à cette situation. Bien au contraire, la mère voyait bien que son fils possédait un mauvais caractère. Il n’était pas forcément désagréable à vivre, il devait simplement cacher sa timidité (et peut-être un certain mal-être dû à l’absence de son père). Malheureusement pour les personnes étrangères à la famille, ce trait de caractère semblait être pris pour du mépris.

 

4

 

Le jeune conducteur devait être trop absorbé par la musique, car il ne vit pas l’obstacle sur la route. De la voiture, on apercevait simplement une longue masse colorée. Mais hors du véhicule, cette masse devenait un genre d’oiseaux humain. L’homme, si c’était le cas, portait un costume fait de plumes multicolores, mais sombres, provenant surement de divers oiseaux vivant dans la région. Aucune partie de son corps d’humain n’était à nu. En dessous des bras se trouvait une sorte de membrane rose qui reliait le biceps aux côtes, comme sur les combinaisons servant à sauter en haut d’une montagne. Le visage, toujours en supposant de quelque chose d’humain animé ce drôle d’animal, se cachait derrière un masque blanc symbolisant la tête d’un oiseau au travers d’un long bec crochu partant du même niveau d’un nez, et dont la pointe touchait presque le milieu de la gorge. Deux ovales placés verticalement faisaient office d’yeux sans expression.

La créature agitait ses fausses ailes, comme si elle voulait prendre son envol. Deux choses surprenaient dans cette scène. Évidemment, la première était la scène en elle-même. On ne voyait pas tous les jours une personne avec un tel déguisement et de surcroît, essayant de voler. Concernant la deuxième surprise, ce personnage, là au milieu de la route, semblait avoir des difficultés à faire ses mouvements. Après chaque saut (sûrement pour prendre son envol), l’oiseau ne bougeait plus, comme s’il voulait reprendre son souffle.

 

Jérémy, toujours absorbé par la musique, vit quand même l’obstacle, mais au dernier moment. Pour l’éviter, il donna un violent coup de volant vers sa gauche. La voiture quitta la route, puis commença une série de tonneaux.

Le corps du jeune homme fut balancé en tous sens, se cognant à multi endroits. La totalité des vitres explosa sous le choc, tout en projetant des centaines bouts de verre à l’intérieur de l’habitacle.

La voiture s’immobilisa sur le toit dans une pâture. La bête humaine se mit à courir vers le véhicule, toujours avec ses petits sauts et ses mouvements de bras qui ressemblaient à des battements d’ailes.

Arrivée au niveau des phares arrière, elle ramassa une pierre, puis brisa les lumières. Le silence nocturne fut rompu par un fort cri d’oiseau mal imité.

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