Portrait d’une femme

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Mon esprit vagabondait sur le monde, et plus précisément sur des femmes qui pourraient entrer dans ma vie sentimentale. L’image représentant le mieux la situation semblait être une vue de la terre par l’espace. Dans ce contexte, mon imagination fessait des agrandissements sur certains individus féminins. Je leur créai une vie avec ma présence. Aucune limite ne s’opposait à moi. Tous les continents n’étaient qu’immenses terrains de jeux m’offrant multiples sensations. L’amour, certes non réel, me transportait parmi une farandole d’émotions, toutes positives. L’agréable séjournait en moi. Je me sentais « homme », voir « mâle », ou plus précisément donjuan. Parfois, je l’avoue, en ressentant une légère honte, je courtisai plusieurs femmes à la fois, en ayant l’espoir d’avoir une double vie. La première en compagnie d’une fille plus jeune que moi afin de vivre à cent à l’heure. Elle me ferait revivre mes années folles, tout en effaçant ma maturité et mes responsabilités. Cette demoiselle posséderait des origines italiennes accompagnées d’une allure ainsi d’un caractère d’adolescente malgré ses vingt ans. La deuxième aventure serait en compagnie d’une dame qui aurait au minimum le double de l’âge de la première. Elle, au contraire, m’apporterait la maturité et la sagesse. Des courbes fortement prononcées sculpteraient son physique. Ce dernier donnerait envie à nombreux hommes de la serrer dans leurs bras. Cette « couguar » appartiendrait au pays nommé France.

Soudain, sans savoir pourquoi, ma pensée s’arrêta sur une femme.

***

Cette demoiselle courrait seule au centre d’une route qui traversait un quartier aisé américain. Les demeures reflétaient la richesse du lieu au travers de leur grandeur et de leur pelouse parfaitement entretenue situées en dessus des fenêtres. De chaque côté de la rue, on pouvait voir d’abord une rangée d’arbres à tronc grisâtre plantée sur une étroite bande d’herbe. Ces végétaux pleuraient l’été passé, couvrant ainsi le sol de grosses larmes orangées. Puis notre regard tombait sur un trottoir.

L’automne fessait planer un agréable parfum de feuilles en décomposition. L’humidité et la fraîcheur de l’air tonifiaient chaque personne qui mettait leur nez hors de chez eux. Ce fait se voulait être en contradiction avec la mort de la nature. Tous les végétaux crevaient en produisant une magnifique révérence colorée. Malgré la saison, le soleil illuminait en continu la ville, dans un silence presque absolu. Seuls les oiseaux n’ayant pas encore immigré créaient par leurs chants un agréable font sonore propice à la relaxation.

Halloween laissait encore des traces derrière lui par l’intermédiaire des décorations platées sur deux ou trois pelouses. L’atmosphère de cette fête venait juste de disparaître, sûrement grâce à l’astre journalier. En effet, cela faisait une semaine que la pluie n’avait cessé de tomber, entraînant avec elle la baisse du moral des habitants. Cependant, le soleil redessina un sourire sur la majorité des lèvres.

***

La jeune femme possédait un visage sculpté par un surplus de friandises. Sa forme ne se voulait pas être totalement ronde, comme les personnes en sur poids. Il possédait simplement quelques formes légères au niveau des joues. Elles lui donnaient un air chaleureux. Contrairement à ses yeux noirs légèrement allongés. En effet, ils plongeaient les personnes vues dans une certaine froideur. Son regard exprimait une dureté sûrement à cause de difficultés ou de drames rencontrés durant sa vie. La tristesse et le bonheur semblaient totalement absents, seule une grande force de caractère y régnait. Ces yeux se trouvaient être voisins de deux fins sourcils très bien épilés et d’un front un peu trop large. Le reste du visage se composait d’un petit nez légèrement écrasé et d’une bouche à lèvres très fines. Son sourire dessinait deux rides d’expression en forme d’arc de cercle sur ses joues. Elles lui donnaient un air chaleureux et enfantin, tout en fessant ressortir ses pommettes.

Une apparence gothique naissait d’un subtil maquillage sombre. Cela ne ressemblait pas aux peintures des adolescentes en mal de vie et fan de métal, musicalement parlant. Concernant Jennifer, la femme en question, cette parure coloriée ne possédait rien de grossier. Tout était dans la finesse et se concentrait autour des yeux. Un noire profond fessait ressortir les deux miroirs de son être, en durcissant encore plus son regard. Une peau blanchâtre mettait en valeur cet artifice.

Sa chevelure couleur corbeau lui descendait jusqu’à sa poitrine. Lorsqu’aucun élastique n’attachait ses cheveux (en occurrence, ce jour-là, ils se renfermaient dans une queue de cheval qui commençait en haut de son cou. Cette coiffure lui mettait en valeur chaque trait de son visage), une ligne blanche parfaitement droite se formait naturellement au centre du crâne. Sa toison descendait d’abord en ligne droite, pour ensuite onduler, et ainsi faisait naitre une chose brouillonne comme une rivière agitée.

Les hommes, qui la croissaient dans la rue, ne se retournaient pas automatiquement vers Jennifer. Cependant, lorsqu’une personne masculine prenait la peine de poser son regard sur son visage, elle pouvait se sentir transporter soit par ses yeux, soit par ses traits physiques.

Son corps ne répondait pas aux règles des magazines. Il était de petite taille, c’est à dire environs un mètre soixante, et très légèrement enrobé au niveau des hanches. Le reste semblait être sculpté par de nombreux exercices physiques. Un pull moulant noir mettait en valeur son ventre plat, ainsi d’une poitrine ferme. Elle donnait l’impression d’être plutôt au-dessus des normes.

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Jennifer transpirait dans son survêtement couleur corbeau, malgré la fraîcheur ambiante. Elle aimait faire du sport, particulièrement de la danse classique. Deux fois par semaine, la jeune femme se rendait au sein d’un club qui se trouvait parmi le plus vieux bâtiment de la région. Le sol appartenant à la pièce se couvrait d’un parquet clair. La lumière naturelle se reflétait sur lui et dans les glaces disposées de chaque côté du lieu, révélant ainsi chaque petit détail, comme l’étrange ballet silencieux réalisé par les milliards de particules de poussière en suspension.

Toutes personnes entrantes en ce lieu étaient surprises par les immenses vitres qui leur fessaient face. Elles s’encadraient d’un vieux bois foncé. Ces carreaux lassaient voir un très beau paysage urbain. Il se composait de quartiers huppés séparés par des pairies et des bosquets aux couleurs automnales. Sans aucune explication spécifique, devant le paysage, on ressentait une impression de future. Peut-être, cette sensation venait des rayons du coucher de soleil qui fessait apparaitre une sorte de dôme parfaitement transparent. À l’intérieur d’une imagination fertile, ce dôme servait à protéger les habitants de la puissance solaire et de la pollution. Cette ressentît tranchait nettement avec la vieillesse du lieu. La guerre de Sécession résonnait encore dans les murs. À cette époque, le bâtiment avait servi de prison.

Devant les immenses miroirs se trouvaient des barres cylindriques servant aux danseuses à faire des échauffements.

Jennifer commença la danse à l’âge de dix. Elle suivit une amie. Les fillettes aimèrent tout de suite ce sport, malgré les douleurs musculaires engendrées par les étirements. Lorsque la musique se mettait en route, elles se plongeaient dans un autre monde. Leur esprit se vidait pour faire place à un bien-être, certes temporaire, mais tellement bon, surtout après une journée difficile à l’école (évidemment, le thème « difficile » était à mettre dans le contexte enfantin). Jennifer possédait une grâce naturelle. Ses mouvements se fessaient en toute légèreté, un peu comme ceux d’une plume dans l’air. Sa professeure n’avait jamais vu une fillette aussi douée, et pour temps cela faisait vingt années qu’elle enseignait. Des fois, la dame prenait la petite dans le cours supérieur pour la montrait en modèle (notre héroïne en était très fière). Plus tard, Jennifer commença les compétitions dont elle finissait toujours en haut du classement. Des récompenses en tout genre remplissaient sa chambre. Cependant, malgré son très haut niveau dans ce sport, sa mère et son père ne la poussèrent jamais hors de ses limites et privilégièrent toujours les études, comme tout bon parent. Aucune rivalité n’existait entre les meilleures amies (vu la différence de niveau, Mélanie, l’amie, aurait vite abandonné). Pour elles, c’était un simple jeu.

Par la suite, la scolarité demanda de plus en plus de temps. Par conséquent, les copines arrêtèrent temporairement la danse.

Jennifer possédait sa propre salle de danse chez elle (la femme continuait à se rendre au club uniquement pour garder un contact humain). La pièce s’étalait sur tout le premier étage de la demeure. L’ensemble des autres pièces se trouvait évidemment au second niveau. Le premier étage ne comportait aucune séparation. Une immense baie vitrée laissait entrer une forte lumière naturelle. Sur le mur de droite, formé par des glaces, la femme avait placé la traditionnelle barre d’étirement. Aucun meuble ne venait restreinte les mouvements de la danseuse dont ses pieds glissaient et sautaient sur un parquet imitation jeune bois appartenant aux tons clairs. Pour éclaircir encore plus l’endroit, les murs furent mis en blanc. Durant les jours ensoleillés, la femme pouvait s’exercer parmi un bain fait d’une lumière instance, sans aucune chaleur étouffante grâce à la climatisation. Durant les exercices physiques, son corps se couvrait d’une brassière grise et d’un pantalon « TREGGING » noir en matière synthétique très élastique. Elle pratiquait la danse chaque jour, espérant de se maintenir à son plus haut niveau et ainsi continuait à remporter des concours qui lui permettait de gagner de l’argent. Les sommes en jeu n’étaient jamais importantes, mais leurs accumulations créaient un salaire convenable.

***

Malgré la pratique de la danse classique, Jennifer possédait un côté « garçon manqué ». La jeune femme aimait de temps à autre boire une cannette de bière devant un match baseball. De plus, elle ne portait pas toujours des vêtements très féminins. Durant ses quelques rares journées de repos, elle s’habillait d’un gros survêtement gris qui lui donnait l’apparence d’un boxeur. Le fait d’avoir quelques caractéristiques masculines ne retirait rien à son charme. Ils ne la rendaient pas « femme homme » ou pour certains esprits étroits une homosexuelle jouant le rôle de l’homme dans un couple. Cette femme arrivait à faire naturellement ressortir ses traits féminins même quand la situation ne s’y prêtait pas. La danse classique lui donnait peut-être une grâce résistant à toutes épreuves.

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Son caractère possédait aussi un côté masculin au travers de sa force. Elle ne montrait jamais ses sentiments. Une carapace empêchait les personnes de voir à l’intérieur d’elle. Cela ne lui donnait pas un aspect de froideur ou de distance. Elle aimait le contact humain et les relations amicales. Cela se voyait à son nombre d’amis. Jennifer pouvait compter sur eux dans les coups durs pour lui remonter le moral au tour d’un verre dans un pub irlandais. De plus, son côté « bonne vivante » lui donnait automatiquement le titre de leader du groupe. Les personnes l’invitaient à leurs fêtes afin d’être sures d’avoir une bonne ambiance. Pour ce faire, Jennifer ne buvait pas une importante quantité d’alcool (toute façon, la haute compétition de son sport l’interdisait toutes formes de drogues), comme la majorité des jeunes son âge. Son tempérament surfaisait amplement.

***

On pouvait se demander pourquoi mon imagination s’était arrêtée sur cette femme. Elle était loin d’être parfaite. Peut-être notamment que sa banalité m’attirait. Banalité ! Mais saupoudrée de quelques originalités, comme chacun entre-nous.

Cette attirance sera à jamais inexpliquée.

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