Un suicide d’automne

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L’histoire ci-après narre les deniers instant de Marc, un homme aux  traits fort prononcé et ayant un air totalement effacé comme s’il son esprit ne l’habitait plus.

Je domine la ville qui a vu mon enfance. Elle se constitue avec des veilles demeures en briques rouges appartenant aux  anciens mineurs. Toutes sont encadrées par quelques immeubles insalubres inspirant la tristesse. Les cheminées font naître de légers spectres qui s’évaporent parmi un ciel fatigué d’une journée pluvieuse. Le firmament était légèrement couvert par des nuages faisant croire à une légère soie, au travers d’une transparence naturelle et de délicates ondulations qui donnent envie de s’y allonger dessus. Il arbore la totalité de la gamme des oranges comme le veut la saison. Chaque arbre pleure leurs feuilles mortes. Elles s’habillent en couleurs joyeuses. Vivotent presque gaîment avec quelques dernières pensées envers leurs descendances qui subiront également le même sort durant le prochain automne, et cela bien que la vie les eu quitté. Leur destination finale s’avère être, le plus souvent, une sombre flaque d’eau froide formée par les nombreuses averses de ces derniers jours. Elles reflètent le monde d’une façon déformée ou exacte, car après tout, comment peut-on savoir si la réalité n’est pas dans ce liquide et le virtuel autour ?

L’atmosphère reprend l’esprit d’Halloween au travers des décorations faites de citrouilles accompagnées d’autres objets appartenant au thème de l’horreur enfantin. Cette ambiance me plonge parmi un univers frissonnant appelant à des peurs lointaines venant des profondeurs des temps, et créer par l’Homme pour contrôler d’autres Hommes, au même titre des religions. Sous l’effet de ce monde existant qu’à travers de mes ressentis, j’ai l’impression de retombé en enfance où chaque dessin animé, reprenant ce thème, me provoquait du plaisir au lieu d’une crainte logique.
Des frissons, provoqués par un vent glacial, me parcourent le corps.

La moitié de mes pieds se posent sur le vide dont le fond se tapisse d’herbe détrempée. Son odeur mêlée avec celle des feuilles mortes m’enivre, me transporte au fond de mon esprit totalement désordonné mêlant mes moments joyeux avec ceux qui sont tristes. Le passé domine le futur. Mais quel futur ? Sans toi, l’avenir ne sera animé par aucune couleur ni de saveur, il ne possédera uniquement des remords ineffaçables. Ma force ne possédera pas assez d’importance pour continuer avançais sur les routes sinueuses d’une vie sombre. Ces voies montent, descendent et parfois restent plates, mais jamais longtemps. Me trouve face à une pente immense qui me semble infranchissable et me cachant le reste de la route.

Mon amour, je t’ai fortement blessé, sans le savoir, en ton âme même. Lorsque tu me l’as dit au téléphone, je me trouvai dans le « vieux Lille » sous une pluie frappante les pavés et enveloppé d’une nuit éclairée par les lumières des magasins bordant une rue piétonne. Ma vie défila devant mes yeux comme un cinéma réel comme un rêve. Depuis cet instant, un masque rieur couvre mon visage en permanence pour cacher ma tristesse aux autres. À présent que la conscience de mes actes effectués, une partie de mon être meure en laissant un vide à jamais. Si je continu à vivre, se sera qu’à moitié, mais surtout sans bonheur. Ce sentiment a toujours été d’illusoire, quand j’y pensée. Mon enfance fut bâtie sur des blessures inguérissables.

Je pourrais commencer une nouvelle vie sur une île française, en temps d’éducateur sportif, puis comme un riche célèbre écrivain, car j’en rêve depuis des années. Ensuite, ma nouvelle personnalité fondera une très jolie famille, dans une cabane face à la mer, en compagnie d’une magnifique métisse aux yeux verts formant des amendes et coiffée d’une longue chevelure crépue. Cependant, mes fantômes appartenant au passé danseront toujours autour de moi en me renvoyant, au visage, ma vraie image, le vrai Marc, le monstre. Notre vie antérieure ne peut être changé, elle agit sur le présent discrètement, mais tellement avec force. En résumé, on se construit par notre passé.

Non, je ne peux plus vivre, avec ce mal-être permanent me suivant jour et nuit comme mon ombre.

« Marc, un nouveau monde t’attend, il se fait dans le néant donc fini les problèmes ! Aller saute, tout cela sera très rapidement terminé à jamais. »

« Oui, tu as totalement raison. Au revoir ce monde. »

L’homme se penche vers l’avant, plus précisément, au-dessus du vide et par conséquent sur son nouvel univers.
Marc ne sent plus son poids sur ses jambes, il se croit être léger comme une plume volante au grès du vent. Ses problèmes forment, en disparaissant si rapidement qu’il n’en prit pas conscience, un sourire radieux sur son visage. L’herbe se rapproche à une vitesse effrayante et non contrôlable. Puis, le néant.

Un corps inerte, face sur terre, forme une croix au centre d’une pelouse arborant des verts variés. Des gouttelettes de sang scintillent au soleil à côté de celles continuées d’eau. La mort calme la nature, plus un bruit, plus de mouvement ni de sensation. Cela ressemble à un tableau.

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