Un amour éternellement éphémère

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Une jeune femme buvait une vodka glacée parfumée par des feuilles de menthe flottant sur le liquide transparent comme des radeaux au milieu d’icebergs blancs qui se suivaient lentement dans un mouvement circulaire. Elle rêvassait au sein d’un bar à thème, dont le plafond en voute se couvrait avec des petites briques rouges, il retenait prisonnier une étouffante fumée grisâtre venant des nombreux fumeurs de cigares comme durant les années trente, à l’époque où les gangsters s’enrichissaient en exploitant la prohibition. Cette dernière phrase n’appartient pas au hasard, car l’endroit transportait chaque client parmi cette période historique, au travers d’une atmosphère se matérialisant par l’intermédiaire des différents objets décoratifs comme ce « Tomy gun » accroché au mur en dessous d’un portrait d’Al Capone. Le personnel s’habillait en costume sombre cravate blanche, assortis de deux touches d’élégance supplémentaires, étant un chapeau noir agrémenté par une large bande blanche jusqu’au-dessus d’une courte visière, et une paire de derbies luisants à la lumière des lampes murales tournées vers le haut, servant à éclairer faiblement l’endroit. La salle se voulait d’être étroitement allongée, le comptoir et les chaises autour des tables rondes laissaient une place restreinte permettant une circulation difficile des clients. Ces personnes se déplaçaient, soit du côté de la sortie formée d’une porte vitrée entourée par de larges fenêtres laissant entre voire la nuit, soit vers deux battants en bois renfermant les toilettes, sur un carrelage couleur corbeau. Il reflétait le monde à l’identique d’un miroir. Derrière le long bar en bois massif, on admirait, devant une immense glace couvrant l’ensemble de la paroi, un important assortiment composé par des bouteilles multicolores d’alcool venant du monde entier. Toutes se dressaient sur des étagères très bien ordonnées. Le monde sonneur se partageait entre les murmures des clients et une musique jazzique.

À présent, le décor semble posé, en conséquence, nous pouvons revenir à notre personnage principal. Cette jolie jeune demoiselle, haut en couleur au travers d’habilles trop longs et trop larges par rapport à sa petite taille, ajouté à cela, des cheveux orange formant des Dreadlocks et attachés en chinon, retenu par crayon gris, se prénommait Alice Sweetman. Elle se chaussait avec des baskets rouges fermées par d’épais lassés jaunes enfoncés dans les chaussures, de chaque côté du pied protégé du froid grâce à de basses chaussettes blanches. Son doux visage, légèrement trop rond, surtout au niveau du menton, et marqué par des fossettes creusant ses joues, inspirait le rêve entraînant la création artistique, plus précisément, la peinture. En effet, elle se voulait être une peintre depuis trois ans et exposé régulièrement parmi la région, New York. Ses yeux bleus, qui cachaient par leur beauté deux étroits sourcils, lançaient des regards remplis de tendresse mêlés à un soupçon d’une naïveté presque enfantine. Le nez, de forme camuse, embellissant son charme en accentuant son air puéril, semblait être en parfaite harmonie avec une bouche très mince et sans maquillage, tout comme le reste du visage à peau lice, adoptant une couleur blanchâtre. Un petit dimant blanc brillait, de temps en temps à la lumière artificielle, sur le haut de chaque oreille parfaitement dessinée. La fine main, qui tenait le verre rond sans pied dont des petites plissures très serrées décoraient le bas (cet objet lui fessait remémorer des souvenirs concernant sa grande mère décédée), portait trois bagues discrètes offertes respectivement par sa mémé, sa sœur et sa mère. Ces bijoux arboraient le coloris bleu nuit, seule leur forme les différenciait. La première représentait deux serpents s’entrelaçant, la deuxième symbolisait un dauphin en train de sauter et un simple agneau constituait la troisième. L’autre main s’embellissait d’un très fin tatouage floral longeant le petit doigt.

Alice enfila son long Trench blanc qui lui arrivait au niveau des genoux et fermé par une légère ceinture au niveau de la taille, puis se dirigea vers la sortie, d’un pas lent. Boutonna, à l’aide d’une main ferme, le haut de son manteau pour affronter les éléments naturels qui se déchainaient à l’extérieur, au sein d’une nuit profonde.

Aussitôt que la porte fut ouverte, le vent lui lança, au visage, des gouttes d’une pluie glacée. La jeune fille essayait de se protéger en mettant son bras devant sa tête. Prit l’itinéraire menant à son studio se situant à quelques immeubles du bar. Sous cette tempête, Alice se sentait toute petite et faible comme un insecte au milieu d’un monde de géant. De plus, ce ressentît était accentué par les très hautes tours d’acier qui l’entourée.

Une marée humaine, formée par des individus souvent seuls sans qu’ils le sachent, et voyageant dans leur propre bulle isolante, la bousculait tel un vieux radeau sur un océan déchainé. Notre héroïne les observait régulièrement afin de trouver l’inspiration pour ses tableaux. Elle les voyait comme anormaux du fait qu’ils étaient tous prisonniers de leur quotidien en oubliant de vivre simplement.

Le froid engourdissait ses membres tout en lui donnant envie d’être sous sa couverture bien au chaud face à une série télévisée.

Elle arriva au pied de son immeuble, composa le code de sécurité, puis entra le plus vite possible en but de se mettre à l’abri et par conséquent se réchauffait à l’aide d’une agréable douche.

Mademoiselle sweetman sortit d’une salle de bain enveloppée de brume, en boxeur à fleurs associé à un t-shirt moulant jaune ayant des manches très courtes s’arrêtant jusqu’en dessous des épaules. Cette légère tenue lassait apparaitre chaque forme de son corps. Ses courtes cuisses rondelettes mettaient en mouvement ondulatoire une paire de fesses rebondies, elles dépassaient légèrement de leur habitat. Le bas de cette moitié corporelle se terminait par des pieds très féminins qui laissaient des demi empruntes de pas (elle marchait sur la pointe) humide sur le parquet imitation bois claire. Des vaguelettes graisseuses déformaient ses sous-vêtements, au niveau des hanches et du ventre. Un petit décolleté laissait transe paraître une poitrine très ferme, de taille un peut au-delà de la moyenne et formant un agréable chemin naturel. À présent, que sa chevelure fut détachée, elle lui descendait jusqu’à bas du dos. Une traîné, parfumée au shampoing senteur abricot, se mouvait lentement derrière elle, tout en laissant une légère atmosphère d’une île paradisiaque perdue dans une mer transparente remplie de poisson multicolore plus beau les uns des autres, ce corridor invisible voguait au sein des vapeurs de peinture. La pièce principale se divisait en deux parties. À gauche, on pouvait voir une cuisine totalement ouverte dont une table de cuisson permettait de prendre un bon repas. De l’autre côté, Alice avait installait son atelier rempli de chevalier et de toiles respectant des tailles très variées. L’ensemble de la salle revêtait un style contemporain où le « noir et blanc » dominait largement les autres couleurs, cela donnait l’impression d’être dans une veille industrie. De plus, les murs laissaient apparaître des briques rouges séparées par de larges joints gris, tout comme les anciennes distilleries. Ce thème tranchait nettement avec l’apparence d’Alice, peut être que cela était dû à son passé ?

La pluie, frappant le toit fait d’un verre totalement transparent, coulait sur les vitres formant ainsi des vaguelettes qui se laissaient couler à vitesse régulière jusqu’à se transformer en filet d’eau se jetant parmi le vide. Cette dame triste jouait une douce musique naturelle ayant le don d’endormir certaines personnes. Cette mélodie ne garda pas à se cacher derrière des chansons interprétées par la jeune Yaele Naime, ces notes fessaient apparaitre imaginairement une forêt tropicale remplie de chants d’oiseaux, en ce lieu. Quelques bougies posées à même le sol diffusaient la lumière ambiante, cette luminosité était tellement tamisée que chaque objet s’occultait derrière leur ombre. Ce fait s’avérait inexact au niveau de l’atelier improviser, les petites flammes jeunes dansaient en plus grand nombre, permettant d’éloigner l’obscurité, formant ainsi un halo lumineux couleur feu, il effectuait des petits sauts très rapprochés comme un ressort en fin de course.

Après un soupé rapide composé d’une simple soupe à la tomate fortement poivrée, Alice s’installa sur un tabouret en bois face un tableau presque fini, représentant un homme, portant un long manteau crème, sous un arbre façonné par l’automne. Il s’appuyait sur le tronc à l’aide d’une seule main dont les doigts étaient fortement écartés. La deuxième se plongeait dans une poche profonde. Ses yeux posaient un tendre regard amoureux sur sa créatrice, cela peut nous laisser à penser que cet individu représentait l’homme des rêves d’Alice. Une personne regardant cette toile aurait tout de suite vu un charme naturel dégagé par ce monsieur Snow (nom également donné à cette nouvelle œuvre).

Au bout d’une heure d’un travail minutieux et passionné, la jeune artiste ressentit l’effet de la fatigue sur son corps. Chaque détail du personnage principal se posait sur la toile, seul le décor demandait à être peaufiné. Posa son pinceau rempli de gouache couleur peau légèrement brunie au soleil, puis se dirigea vers sa chambre d’un pas traînant. Lorsque, derrière elle, un faisceau lumineux éclaira fortement la pièce comme si le soleil venait se lever subitement. Pivota lentement ressentant une crainte angoissante. Il était là, face à elle, en chair et en os.

Aaron devint une réalité en quelques secondes. Alice n’en croyait pas à ses yeux, son amour imaginaire avait sauté une barrière ou un mur, voir peut être une muraille, pour atterrir dans notre monde.

Durant plusieurs minutes, notre jeune femme se cru totalement folle, folie qui lui provoquait des hallucinations visuelles. Je pourrai essayer de commencer une conversation, pensa-t-elle. Cependant, que dire à une personne venant juste de sortir de son propre tableau, en pleine nuit ? Il me regarde en souriant tendrement, m’enveloppe dans son regard protecteur en formant une bulle isolante autour de nous et m’obligeant à le regarder sans cesse. Sa personne remplit la pièce, effaçant presque ma personnalité.

Alice le connaissait, car il naquit en son esprit. Peu à peu, sa crainte disparue et la situation devenue normale, voir même habituelle vu que la jeune possédait comme passe-temps les voyages imaginaires, c’était juste un peu plus real d’habitude. Le couple commença à s’embrasser tendrement au sein d’une douce pénombre, leur ombre s’entremêlait formant ainsi plus qu’une qui vacillait sur les murs. Cette danse dura plusieurs longues minutes, puis décidèrent, par un simple regard, d’aller se promener main dans la main sous les forces naturelles.

Le couple flânait sous la pluie en se tenant par la taille comme un jeune couple de lycéens ayant une mentalité puérile, car ils sautaient dans toutes les flaques d’eau qu’ils croissaient, tout en éclatant de rire bruyamment, à telle point que tous les passants se retournaient sur eux avec un air légèrement apeurer comme s’ils étaient face à la folie. Au tour d’eux, les lumières électriques, provenant des vitreries luxueuses, repoussaient la nuit, sur le passage des noctambules agacés par un vent porteur d’une pluie soutenue faisant grimacer leur visage dégoulinant. Monsieur Snow et Alice ne faisaient aucune attention aux intempéries, ils voyageaient parmi leur monde où la communication s’effectuait uniquement par l’intermédiaire des regards. Un silence rempli d’émotion complaît le vide se trouvant en le peu d’espace les séparant.

La promenade fut terminée lorsqu’ils revinrent à la demeure. Montèrent se réfugier, se déshabillèrent le plus rapidement possible, puis fessèrent l’amour toute la nuit.

À leur réveil, le soleil levant inondait, de sa lumière orangée, la pièce rythmée par une lenteur propre à un début de matinée d’automne. Trois moineaux gris sautillaient sur le toit, ils ressemblaient à des petites boules de plumes chantant avec un bonheur guidé par leur insouciance.

Le couple se leva nu, se plaça devant le tableau dépourvu de l’homme, puis s’enlacèrent une dernière fois avant d’une lumière bleue les enveloppa pour forger leur amour à jamais sur la toile.

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